Emmanuel Macron a assuré avoir mené plus de baisses d'impôts que celles promises en 2017.
C'est vrai mais cela s'est fait au détriment des plus pauvres et de la dette publique.

Défendant son bilan tout en présentant son programme, Emmanuel Macron s’est vanté cette semaine d’avoir plus baissé les impôts que prévu. C’est vrai et cela s’explique par plusieurs aléas du quinquennat et des réductions d’impôts imprévues. Celle qui a le plus marqué les esprits reste l'annulation de la taxe sur les carburants, dite la "taxe carbone" suite au mouvement des Gilets jaunes. Puis, le candidat Macron avait promis une baisse de l’impôt sur les sociétés et le président a diminué les impôts de production fin 2020, en raison de l’impact de la crise sanitaire sur les entreprises.

Comme promis en 2017, Emmanuel Macron a supprimé l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et l’a remplacé par l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI), ayant pour effet de taxer moins de ménages riches. Quand à la taxe d’habitation qui devait concerner 80% des Français sur leur résidence principale, elle a finalement été étendue aux 20% restants en 2020. Parmi les baisses enregistrées au cours du quinquennat, on peut aussi citer la suppression des cotisations sociales et maladies ou encore la défiscalisation des heures supplémentaires. 

Si ce sont 26 milliards d’euros qui n’ont pas été prélevés aux ménages -et la même somme aux entreprises- tous les Français n’en ont pas profité, selon l’Institut des politiques publiques (IPP) : les grands gagnants de la politique fiscale du gouvernement sont ainsi les classes moyennes qui travaillent et qui ont bénéficié à titre d’exemple de la baisse des cotisations sociales. Les ménages les plus riches, qui gagnent plus de 20.000 euros par mois, ne sont pas en reste non plus en ayant bénéficié de la réforme de l’ISF.

En revanche, les Français les plus modestes, avec moins de 800 euros par moins, n’ont tiré aucun profit des politiques conduites de 2017 à 2022. De plus, cette baisse des impôts s’est faite en parallèle d’une hausse conséquente de la dette publique, qui est passée de 2252 milliards d’euros à 2017 à 2834 milliards d’euros fin 2021, d’après les derniers chiffres de l’Insee. Cette dette qui s’est creusée de 500 milliards s’explique en grande partie par la stratégie du "quoi qu’il en coûte", menée pendant la pandémie et consistant à fournir des aides d’urgence aux entreprises et salariés. Mais les baisses d’impôts y ont aussi contribué.

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Benjamin DARD

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