Le Rassemblement national, qui organise ce jeudi sa niche parlementaire à l'Assemblée nationale, présentait un texte pour soutenir les femmes atteintes d'endométriose.
Mais face au manque de soutien des groupes parlementaires (excepté LR) et avant qu'il ne soit rejeté, le groupe de Marine Le Pen a décidé de le retirer.
Le rapporteur du texte, le député Emmanuel Taché de la Pagerie, s'est dit "dépité".

Le but était de piéger ses adversaires et de pointer du doigt leur "sectarisme". En déposant un texte visant à soutenir les femmes atteintes d'endométriose lors de sa niche parlementaire de ce jeudi 12 octobre, le Rassemblement national voulait forcer les autres groupes à se prononcer sur un sujet censé faire l'unanimité. Alors que le scénario du rejet se dessinait effectivement et que le texte avait été vidé de sa substance par la gauche et la majorité présidentielle, le rapporteur de la proposition de loi Emmanuel Taché de la Pagerie a décidé de le retirer.

"Ce texte qui pouvait susciter un espoir pour les femmes atteintes d'endométriose est désormais vide. Je le retire donc à l'étude de chacun", a-t-il déclaré, se disant "dépité". Il défendait un texte qui entendait accorder aux quelque 1,5 à 2,5 millions de femmes atteintes d'endométriose un statut spécifique d'affection longue durée (ALD) "exonérante" et permettre à celles qui le souhaitaient de bénéficier d'un statut de travailleuse handicapée.

A la tribune, le ministre de la Santé Aurélien Rousseau est venu appeler à "rejeter un texte ni juridiquement tenable ni opportun", mais "opportuniste" venant "d’un groupe qui a, à de multiples occasions, prouvé sa méconnaissance des enjeux d’égalité entre les hommes et les femmes".

Votre obsession n'est pas la santé des femmes, mais leur capacité à procréer.
Sandrine Rousseau

Il a été suivi par la gauche. L'élue LFI Clémentine Autain, qui avait pourtant fait adopter une proposition de résolution similaire votée à l'unanimité en janvier 2022, a dénoncé un "écran de fumée du RN". Mais elle a aussi critiqué le gouvernement qui n'a toujours pas mis en œuvre sa résolution, visant à inscrire l'endométriose sur la liste des affections à longue durée dite "ALD 30". Il existe actuellement deux statuts, "ALD30" et "ALD31" qui peuvent ouvrir des droits aux personnes atteintes de maladies. L'ALD30 permet une prise en charge à 100%, sans avance de frais, et la suppression des jours de carence dès le deuxième arrêt. L'ALD31, auquel peuvent prétendre des femmes souffrant d'endométriose, donne accès aux mêmes droits, mais selon l'association de patientes Endomind, elle est plus difficile à obtenir.

"La réalité est que votre obsession n'est pas la santé des femmes, mais leur capacité à procréer pour contrer votre peur irrationnelle de ce que vous appelez 'le grand remplacement'", leur a rétorqué la députée écologiste Sandrine Rousseau à la tribune, rejoignant Clémentine Autain dans ses appels au gouvernement à agir. "Ni la santé des femmes ni l'endométriose ne seront votre caution féministe", a lancé Véronique Riotton (Renaissance), parlant de "manipulation". Seuls les Républicains ont soutenu ce texte.


J.F.

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