Emmanuel Macron est attendu ce soir en Nouvelle-Calédonie où des violences ont éclaté depuis plus d'une semaine.
Le président compte rencontrer les principaux responsables politiques, loyalistes et indépendantistes.
Mais que pensent les habitants de cette venue surprise ?

Les Néo-Calédoniens l'attendent de pied ferme. Après dix jours d'émeutes, le président français a décidé de reprendre directement en main le dossier calédonien en se rendant sur place pour y rencontrer les principaux responsables politiques, loyalistes et indépendantistes. "On espère qu’il pourra discuter avec les élus indépendantistes pour faire avancer les choses. Je pense que ça va être quand même assez tendu, parce qu’il n’est pas forcément le bienvenu", nous explique un habitant, comme on peut le voir dans la vidéo en tête de l'article.

Une visite sous haute tension

Les Kanaks que nous avons rencontrés ne cachent pas leur méfiance. "Ça dépend de ce qu’il vient faire. Quelle est la raison de sa venue ? À qui il va parler ?", demande une habitante. D'autres sont hostiles. "On n'a pas besoin de lui ici. Il vient faire quoi ? Il faut qu'il reste chez lui, c'est lui qui est en train de foutre le bordel. Il va mettre de l’huile sur le feu. Nous, on veut qu'il rend à notre pays sa pleine souveraineté", lance un autre qui ne voit pas la venue du président d'un bon œil. 

Dans ce quartier mixte non indépendantiste, les natifs de l’île ont surtout peur d’être abandonnés par la métropole. "On a toujours été Français. Aujourd’hui, on demande au président qu’il nous prouve qu’on l'est encore et qu’il peut nous aider parce que la France est un pays riche, un pays fort", confie Daniela qui espère voir le président apaiser les tensions.

Quant aux métropolitains installés depuis seulement quelques années en Nouvelle-Calédonie, leurs avis sont partagés. Certains comme François, chirurgien à Nouméa, estiment qu’il faudrait peut-être renoncer à la réforme qui a déclenché les émeutes. "S'il y a le dégel du corps électoral, c’est mieux. Je préfère avoir le droit de vote car je paie mes impôts. Mais je n’en fais pas une condition sine qua non au fait de rester là. Ce n’est pas une priorité dans ma vie en Calédonie". Tous sont d'accord sur une chose : cette visite présidentielle de quelques heures est à haute risque.


Rania HOBALLAH | Reportage : Michel Scott, Fabrice Amzel

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