La réforme des retraites présentée, oppositions et syndicats vent debout

Eric Coquerel : "Il faut une retraite à 60 ans et une pension qui ne soit pas en-dessous du Smic"

par Antoine RONDEL
Publié le 26 décembre 2019 à 10h49
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Source : TF1 Info

INTERVIEW POLITIQUE - Invité de LCI, jeudi 26 décembre, le député LFI de la Seine-Saint-Denis a expliqué en plusieurs points les raisons de son opposition à la réforme du système des retraites.

"Le système par points, par essence, est un système qui va forcer les Français à travailler davantage." Invité de Julie Hammett, le député France insoumise de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel a rappelé les raisons pour lesquelles son mouvement s'opposait de A à Z à la réforme portée par le gouvernement visant à transformer notre système des retraites.

Et de dérouler son argumentaire sur le sujet. En premier lieu, au-delà du rejet du principe même du calcul par points, il explique son opposition pour des considérations budgétaires : "On nous explique qu'il s'agit de remettre le système à l'équilibre, mais le plafonnement de la cotisation des cadres à 2,8% pour les revenus avec une partie supérieure à 10.000 euros par mois. Ça va coûter 72 milliards d'euros entre 2025 et 2040", a-t-il assuré, reprenant un communiqué de l'UGICT-CGT, la branche cadre du syndicat dirigé par Philippe Martinez, qui s'appuie sur une étude pas encore rendue publique de l'Agirc-Arrco, l'organisme qui s'occupe de gérer les caisses de retraite complémentaire.

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Un projet "moins juste pour les femmes"

Sur un autre aspect de la réforme qui lui est rappelé, celui selon lequel le calcul par points permettrait de prendre en compte, par exemple, les congés maternité, et serait, in fine, plus favorable aux femmes, le scepticisme prévaut également : "Il est moins juste. Le principe de réversion des retraites va être rallongé, déjà. Comme il concerne principalement les femmes devenues veuves, il y aura une perte financière", regrette-t-il. Le gouvernement assure que le dispositif sera amélioré, puisqu'il assurera "au conjoint survivant 70% des ressources du couple". Mais outre qu'il est réservé aux couples mariés, Eric Coquerel pointe le fait que la limite d'âge unique pour la toucher, instaurée à 62 ans, privera les veuves prématurées de nombre de ressources.

Mais l'argument même de la prise en compte des points pendant les congés maternité est retoqué par l'élu sénéquo-dyonisien. "De manière inique, ça va défavoriser les femmes. On va désormais pouvoir décider sur quel revenu on met les points liés à ce congé, l'homme ou la femme. Et du fait de l'inégalité des salaires entre homme et femme, il sera plus intéressant de le mettre sur l'homme." Il s'agit là d'une référence au surcroît de pension de 5% prévu par le gouvernement par enfant dès le premier enfant et de 10% à partir du troisième enfant. Surcroît qu'il serait possible, si la réforme reste en l'état, de verser aussi bien à la mère qu'au père.

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Faut-il pour autant ne rien changer, comme en sont accusés les opposants à la réforme ? "Si, il faut changer. Il faut donner aux gens la possibilité de partir à 60 ans, avec 40 annuités et avec une pension de retraite qui ne soit pas en-dessous du Smic", plaide-t-il, du fait de la diminution de l'espérance de vie en bonne santé. Un projet que La France insoumise partage notamment avec la CGT. Avec quel argent ? Il faut mieux répartir les richesses, poursuit Eric Coquerel, ce qui permettrait d'augmenter les salaires et les cotisations retraite. Et de souligner qu'en quarante ans, "la productivité du travailleur français a augmenté trois fois. [...] La différence, c'est qu'avant, le salarié français travaillait neuf jours par an pour son actionnaire. Aujourd'hui, il travaille 45 jours par an."


Antoine RONDEL

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