Allongement de l'IVG : "Nous sommes sortis de l'esprit de la loi Veil", estime Gérard Larcher

Y.R
Publié le 19 janvier 2022 à 11h02, mis à jour le 23 février 2022 à 7h15
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Source : L'Invité Politique

INTERVIEW - Invité d'Elizabeth Martichoux sur LCI, mercredi 19 janvier, Gérard Larcher, président LR du Sénat, confirme le rejet à venir par la Haute assemblée du texte sur l'allongement du délai légal de l'IVG. La proposition de loi pourrait toutefois être adoptée d'ici à la fin de la mandature.

Le texte sur l'allongement du recours à l'IVG revient au Sénat. Après deux années d'un parcours parlementaire biscornu, la proposition de loi faisant passer le délai légal de 12 à 14 semaines, pour répondre à un manque de praticiens et à la fermeture progressive de centres d'interruption volontaire de grossesse (IVG), va être examinée en deuxième lecture, mercredi 19 janvier. Rejetée une première fois en janvier 2021 par la Chambre haute du Parlement, le texte porté par la députée ex-LaREM Albane Gaillot, qui n'a pas été adopté en commission, va être une nouvelle fois repoussé par la majorité de droite. 

L'information a été confirmée par Gérard Larcher. "Moi qui suis favorable à l'intervention volontaire de grossesse, le vrai sujet, nous ne cessons de repousser les délais parce que nous sommes sortis de l'esprit de la loi Veil", a avancé le président LR du Sénat, invité d'Elizabeth Martichoux sur LCI, mercredi 19 janvier, pour justifier ce refus. Il a rappelé que la loi du 17 janvier 1975, encadrant une dépénalisation de l'IVG, a pour objectif "de répondre aux problèmes des femmes et de les accompagner"

Ce n'est pas un acte banal

Gérard Larcher, président LR du Sénat

"Nous sommes déjà passés de 10 à 12 semaines. Nous avons raccourci le délai de réflexion proposé à la femme. L'IVG, c'est toujours un moment difficile", a ajouté l'ancien président de la Fédération hospitalière de France (FHF). "Je suis sensible au fait que nous n'appliquons pas l'accueil et l'accompagnement nécessaires à ces femmes qui souhaitent à un moment pratiquer l'interruption. Augmenter le droit des femmes, c'est mieux les accueillir dans les hôpitaux, mieux les accompagner."

Il s'est défendu de faire "des incantations". "Donner un délai qui va au-delà de 10 semaines pour recevoir une femme et pratiquer l'IVG, ce n'est pas satisfaisant. Je rappelle qu'il y a, me semble-t-il, à revoir la manière dont on accueille ces jeunes femmes, comment on les accompagne. Ce n'est pas un acte banal, c'est un acte qui les touche personnellement", insiste le soutien de Valérie Pécresse, candidate LR à la présidentielle. "C'est une forme de respect de la femme."

Toutefois, ce contre-temps au Sénat ne bloquera pas la proposition d'allongement du délai légal de l'IVG

Le texte conserve de bonnes chances d'être adoptée. La réunion d'une commission mixte paritaire députés-sénateurs, programmée jeudi 20 janvier, "ouvre la voie à une adoption avant la fin du quinquennat", selon Albane Gaillot, son initiatrice.


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