Paul Larrouturou s'est longuement entretenu avec la députée écologiste Sandrine Rousseau sur le harcèlement qu'elle subit depuis des années.
L'élue parisienne raconte les conséquences de telles menaces sur la santé psychique, la peur qu'elles engendrent au quotidien, mais assure qu'elle poursuivra son combat pour toutes les "jeunes filles qui sont beaucoup plus cyberharcelées que les autres".
Retrouvez l'intégralité de cet entretien sur la page Youtube de TF1info.

Sandrine Rousseau est-elle la femme la plus harcelée de France ? "À une époque je l'étais, ça c'est sûr", répond la députée écologiste à Paul Larrouturou, qui l'a rencontrée dans sa permanence pour un long entretien au sujet du harcèlement et de la violence en politique. Insultes, menaces de mort, menaces de viol, dégradations du domicile, courriers anonymes… l'élue écologiste de Paris ne compte plus les violences dont elle est la cible depuis des années. "Il faut bien comprendre que ces violences-là ne sont pas des petites violences, des sous-violences. Se faire insulter, cracher à la gueule toute la journée, ce n'est pas sans impact sur notre santé psychique, sur le fait qu'on se sente bien ou pas", prévient-elle.

"Aujourd'hui je ne marche plus jamais dans la rue sans être en hyper vigilance, quand je prends le métro je ne me mets jamais au bord du quai, jamais. Je me colle au mur. Je reçois tellement de choses que je me dis 'ces gens existent', donc qui me dit qu'un jour je ne vais pas croiser le chemin de l'un d'entre eux", explique l'ancienne professeure d'économie. Pour se préserver, elle a aussi désactivé les notifications de ses réseaux sociaux sur son téléphone "pour ne pas avoir à lire ou à voir. Pendant la primaire deux jeunes suivaient mon compte Twitter et regardaient et les deux ont craqué à un moment tellement c'était dur de le lire", confie-t-elle.

En 2024, nous n'acceptons pas que les femmes soient au pouvoir
Sandrine Rousseau

Pourquoi suscite-t-elle une telle haine ? "Encore aujourd'hui en 2024, nous n'acceptons pas que les femmes soient au pouvoir et qu'elles demandent le pouvoir, qu'elles cherchent le pouvoir. C'est ça qu'on me reproche à moi, c'est le fait que je n'ai pas de fausse pudeur ou que je ne suis pas dans un rôle de la petite fille sage et gentille que l'on attend. Moi, je dis je suis là et je veux bouger les choses et ça c'est inaudible, c'est inacceptable pour une partie de la population", soumet-elle comme explication. 

"Je porte un projet politique, on peut l'aimer ou ne pas l'aimer. (…) ce n'est pas au nom d'une punchline que je dois subir ce que je subis. Oui, j'ai des punchlines, si elles ne vous plaisent pas vous zappez, (…) vous râlez dans votre cuisine, vous avez le droit de dire 'je ne la supporte pas'. Ce que vous n'avez pas le droit de faire, c'est de faire des menaces, d'avoir des propos sexistes, de poster des photos où je suis présentée comme folle. C'est interdit par la loi", rappelle la députée EELV. 

C'est bien mal me connaître que d'imaginer que des menaces vont m'arrêter
Sandrine Rousseau

Sandrine Rousseau estime-t-elle que son engagement en politique vaut la peine de subir violences et harcèlement ? "Il n'y a rien qui vaut le coup de vivre tout ça. Mais je ne lâcherai pas le combat. C'est bien mal me connaître que d'imaginer que des menaces vont m'arrêter", répond-elle. "Derrière le combat que je mène il y a toutes les jeunes filles qui sont beaucoup plus cyberharcelées que les autres. Je veux leur dire, je veux vous dire que non seulement vous n'êtes pas seules mais si aujourd'hui je parle c'est pour vous et j'espère de tout mon cœur que cette parole vous aidera vous-même à relever la tête. Vous n'êtes pas responsables des violences que vous subissez."


J.F.

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