Guerre Israël-Hamas : la venue d'une militante palestinienne interdite à l'Assemblée nationale

Publié le 9 octobre 2023 à 16h07

Source : Sujet TF1 Info

Dans le cadre d'une projection cinématographique et à l'invitation d'une élue LFI, la militante palestinienne Mariam Abou Daqqa devait se rendre à l'Assemblée nationale, ce lundi 9 octobre.
Face à la polémique et aux réclamations de plusieurs députés, la présidente de l'institution Yaël Braun-Pivet a pris la décision d'interdire sa venue.
"La présence de Mme Abu Daqqa serait une inqualifiable provocation à l’égard de toutes les victimes de l’antisémitisme de par le monde", a-t-elle justifié.

En pleine guerre entre Israël et le Hamas, la venue d'une militante palestinienne à l'Assemblée nationale n'était pas souhaitable, a estimé sa présidente Yaël Braun-Pivet. Ce week-end, des députés parmi lesquels l'élue de Paris Caroline Yadan alertaient sur la venue au palais Bourbon de Mariam Abou Daqqa, militante du Front populaire de Libération de la Palestine (FPLP), une organisation qualifiée de terroriste par l'Union européenne. 

À l'invitation de la députée LFI Ersilia Soudais, elle devait assister ce lundi 9 octobre à la projection du film Yallah Gaza de Roland Nurier. Saisie par des parlementaires, Yaël Braun-Pivet a fait le choix "d'interdire l'entrée de Mme Abu Daqqa à l'Assemblée nationale", a-t-elle expliqué dans un communiqué diffusé ce lundi en début d'après-midi. 

"La présence de Mme Abu Daqqa serait une inqualifiable provocation à l’égard de toutes les victimes de l’antisémitisme de par le monde. Donner la parole à une personne membre d’une organisation terroriste à l’Assemblée nationale donnerait une tribune à la violence, à la haine et porterait une atteinte grave à nos principes démocratiques, plus encore eu égard à la situation actuelle au Proche-Orient", a-t-elle réagi. Selon elle, le FPLP s'est rendu "coupable de nombreux attentats contre des civils qui ont provoqué la mort de dizaine d'innocents"

"Je pensais en effet convier Abou Daqqa pour son militantisme féministe. Non pour son appartenance supposée au FPLP", a réagi Ersilia Soudais auprès de l'AFP. "Je n'ai d'ailleurs pas encore communiqué sur la projection que j'organise. Elle a lieu dans un mois. Il ne me serait pas venue à l'esprit de m'exprimer là-dessus aujourd'hui, deux jours après l'attaque du Hamas. Je regrette que Yaël Braun-Pivet n'ait pas eu la même retenue", a poursuivi la députée de Seine-et-Marne.

Une présence à Lyon jeudi qui avait déjà fait polémique

La présence à Lyon de Mariam Abu Daqqa avait déjà fait polémique dans le week-end. L'Université Lyon II a été sommée de s'expliquer vendredi par la ministre de l'Enseignement supérieure Sylvie Retailleau et l'exécutif régional après la présence de cette dernière à une conférence intitulée "Colonisation et apartheid israélien, quel avenir pour les palestinien.nes ?" dont elle avait été déprogrammée. 

Jeudi soir, elle avait assisté dans le public aux débats organisés par le syndicat étudiant Solidaires et le collectif Palestine 69, et avait même brièvement pris la parole lors d'un temps d'échanges, selon des vidéos mises en ligne. Pourtant, son absence à l'événement avait été requise par l'Université.

Jugeant "honteux que cette décision n'ait pas été appliquée", Sylvie Retailleau avait dit sur X (ex-Twitter) "encourage[r] la présidente (de l'université) à prendre les mesures qui s'imposent". Dans un courrier consulté par l'AFP, le président de région Laurent Wauquiez (LR) avait lui menacé de "suspendre ses coopérations" financières avec Lyon II s'il n'obtenait pas l'assurance que "cette prise de parole inacceptable ne s'est pas produite avec le consentement même tacite de l'Université".


Justine FAURE

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