Ce jeudi 16 mars marque le vote final du texte sur la réforme des retraites, d'abord au Sénat puis à l'Assemblée nationale.
Invité de LCI, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, regrette l'utilisation de tous les "artifices" pour faire obstruction au Parlement.

Journée décisive pour la réforme des retraites. Après des semaines de débats tendus, de tractations en coulisses et de journées de mobilisation, la réforme clé du second mandat d'Emmanuel Macron doit en principe connaître ce jeudi son épilogue parlementaire. Le Sénat et l'Assemblée nationale doivent se prononcer sur le projet de loi, qui prévoit de reculer à 64 ans l'âge de départ, au lendemain du compromis scellé derrière les portes closes de la commission mixte paritaire (CMP). Alors que l'ombre du 49.3 plane sur le texte depuis plusieurs jours, le chef de l'État privilégie avant tout un vote de députés, selon nos informations.

"On ne va quand même pas remercier (Emmanuel Macron, ndlr) de pouvoir voter à l'Assemblée nationale. Ce serait incroyable ! C'est la moindre des choses que l'on puisse voter une réforme des retraites aussi importante", réplique le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, invité d'Adrien Gindre sur LCI, à quelques heures du vote à la chambre basse, prévu dans l'après-midi. "Le commentaire que je fais, à la suite de cette séquence qui devrait se terminer aujourd'hui, et peut-être par un vote contre cette réforme, puisque rien n'est fait, est que le Parlement a été bafoué, humilié jusqu'à aujourd'hui, avec toutes les procédures existantes dans la Constitution permettant de restreindre les débats et empêchant même un vote à l'Assemblée nationale. C'est terrible."

Le 49.3 est une guillotine parlementaire
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

"J'annonce que nous, au pouvoir, nous retirerons ces artifices de la Constitution, qui limitent le Parlement", peste le député communiste du Nord, en ciblant le 49.3, qui permettrait un passage en force de la réforme par le gouvernement, en cas d'incertitude sur le résultat du vote. "Le 49.3 n'a plus à figurer dans la Constitution. Un gouvernement ne peut pas mettre en œuvre une réforme qui est impopulaire, qui est rejetée par la population, et l'imposer par la force à un Parlement et à des députés." "Le 49.3 est une guillotine parlementaire", insiste-t-il. "C'est la possibilité pour un gouvernement d'imposer un texte de loi contre l'avis d'une majorité de députés. Ce 49.3 me brime de voter contre un texte de loi. Aujourd'hui, il pourrait y avoir 5 députés LR ou centriste, grâce leur vote, qui pourraient faire tomber ce texte de loi. Ça va se jouer à plus 5 ou moins 5." 

Quid de la menace d'une dissolution brandie en coulisses par Emmanuel Macron, si la réforme des retraites n'obtient pas de majorité à l'Assemblée ? "Je n'y crois pas du tout", rétorque Fabien Roussel, selon qui "le gouvernement a plus à perdre" qu'à gagner avec cette solution. "Mon souhait, mon objectif, c'est que dans les heures qui viennent, cette réforme soit battue. Si elle est battue, on verra bien ce que décidera le Président. (...) Si la loi passe, nous continuerons de nous battre pour l'obtention d'un référendum d'initiative partagée", promet-il, assurant que les opposants au texte sont "en train de réunir les signatures" en ce sens.


Y.R.

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