Dans la foulée de la décision du Conseil constitutionnel, Emmanuel Macron a promulgué vendredi soir la loi sur la réforme des retraites.
Sa mise en application est prévue dès septembre prochain.
Le chef de l'État a annoncé qu'il s'adresserait lundi soir aux Français.
De leur côté, les syndicats promettent de ne pas relâcher la mobilisation contre le texte.

À peine le texte a-t-il été validé pour l'essentiel par le Conseil constitutionnel, que le président de la République enclenchait déjà sa promulgation, quelques heures plus tard. La réforme des retraites, adoptée le 20 mars dernier par le biais de l'article 49.3, a reçu l'aval des "sages" pour l'essentiel de ses dispositions vendredi. Elle a été signée en début de soirée et publiée au Journal officiel dans la nuit. Emmanuel Macron prévoit une allocution lundi soir à 20h, dans l'espoir de clore ce chapitre et accélérer la sortie de cette crise politique et sociale : il s'exprimera "dans une logique d'apaisement", a assuré le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, invité du 13H de TF1 ce samedi. 

Entrée en application dès septembre

Le chef de l'État livrera des annonces très concrètes sur l'emploi des plus âgés, promet son entourage. Il pourrait annoncer que les mesures retoquées par le Conseil constitutionnel, comme l'index ou le CDI seniors, seront intégrées dans un futur projet de loi sur le travail. Évoquera-t-il également un changement de gouvernement ? Dans la majorité, certains plaident pour un remaniement, sans pour autant remplacer Elisabeth Borne. "Si la Première ministre fait campagne pour rester comme elle le fait, c'est qu'elle a autorisation à le faire", glisse un conseiller exécutif dans le reportage du 20H de TF1 en tête d'article.

La cheffe du gouvernement reste en contact avec le président durant le week-end, avant une ultime réunion avec les ministres et les chefs de la majorité lundi après-midi. Quelle que soit la teneur des discussions, il est d'ores et déjà certain que la réforme sera bien appliquée dès septembre, comme l'a confirmé Olivier Véran. "Ce n'est pas une application directe, brutale et en un bloc des 64 ans, c'est très progressif : trois mois par an", a-t-il tenu à préciser ce samedi.

Les syndicats mettent le cap sur le 1er mai

Espérant tourner rapidement la page, Emmanuel Macron avait aussi convié les syndicats à une réunion à l'Élysée mardi, ce qu'ils ont tous décliné. "Nous ne rentrerons pas dans une nouvelle séquence, parce que cette séquence-là n’est pas terminée", avait assuré vendredi soir sur TF1 Laurent Berger, le leader de la CFDT. Déjà déterminés à poursuivre la mobilisation contre le texte, ils ont été particulièrement échaudés par la promulgation express de la loi.

L'intersyndicale mise désormais sur le traditionnel rendez-vous du 1er mai, date de la fête des travailleurs, espérant en faire une "journée de mobilisation exceptionnelle et populaire" pour continuer à protester contre la réforme à 64 ans. "J'appelle à venir manifester très massivement partout en France", avait notamment insisté Laurent Berger vendredi soir. Jeudi dernier, lors de la 12e journée de mobilisation à la veille de la décision du Conseil constitutionnel, la mobilisation avait encore rassemblé 380.000 manifestants dans les rues selon le ministère de l'Intérieur, 1,5 million selon la CGT, des chiffres malgré tout en baisse.

Des jours de "colère cheminote"

D'ici le 1er mai, plusieurs initiatives ont d'ores et déjà essaimé. Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF ont annoncé "une journée d'expression de la colère cheminote" dès le jeudi 20 avril. La CGT a aussi appelé à des actions le même jour dans tous les secteurs, des "temps forts" de mobilisation par territoires et professions qui devraient être répétés également le 28 avril. 

La gauche compte encore sur le deuxième projet de RIP

L'opposition politique ne veut pas non plus rendre les armes. À gauche, certains fondent encore leurs espoirs dans le deuxième projet de Référendum d'initiative partagé (RIP) déposé auprès du Conseil constitutionnel, qui a invalidé le premier. Les "sages" indiqueront le 3 mai s'ils accordent ou non leur feu vert à cette procédure, qui propose de consulter les Français pour limiter l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans. 

L'exécutif, de son côté, semble pourtant déjà prêt à se projeter dans la durée et à engager de nouveaux chantiers dès à présent. "Dans les semaines et les mois qui viennent, autour du président de la République, nous sommes déterminés à accélérer" les réformes, a déclaré Elisabeth Borne ce samedi. "Nous voulons bâtir la France du plein-emploi", "garantir l’égalité des chances", "agir" pour la santé et encore l'éducation, a-t-elle martelé lors d'un Conseil national du parti présidentiel Renaissance à Paris.


Maëlane LOAËC (avec AFP) | Reportage TF1 Marie Chantrait et Matthieu Desmoulins

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