VIDÉO - Éric Dupond-Moretti appelle sur LCI à une "justice de l'amiable" pour "éviter la castagne"

par M.G
Publié le 18 juin 2023 à 22h49

Source : TF1 Info

Invité de LCI ce dimanche, Éric Dupond-Moretti est revenu sur sa vision de la justice française et l'orientation qu'il souhaite lui donner dans les années à venir.
Le ministre veut notamment miser davantage sur la discussion et le compromis.
Son projet de réforme de la justice va passer devant l'Assemblée nationale à partir de la semaine prochaine.

Une question de moyens mais aussi de doctrine. Alors que son projet de réforme de la justice a reçu le feu vert du Sénat, le plus dur commence pour le texte, qui doit passer devant l'Assemblée nationale à partir du 21 juin prochain. "Ce que les Français expriment, c'est que la justice est trop longue et ils ont raison. Nous nous engageons pour 1500 magistrats de plus, 1500 greffiers de plus et des contractuels qui vont être pérennisés", assure Éric Dupond-Moretti, ce dimanche, sur le plateau de LCI. "Avec plus de personnel, c'est une justice rendue plus rapidement. Il y a aussi un volet simplification de la procédure, [...] on veut une justice plus simple, plus rapide et plus protectrice de nos compatriotes", assène-t-il. 

L'idée, c'est que le justiciable ait son mot à dire
Éric Dupond-Moretti

Mais, surtout, l'ancien avocat désormais ministre "veut mettre en place la justice de l'amiable". "Comment peut-on aimer la justice lorsqu'elle est désincarnée ? L'amiable, c'est permettre au justiciable de se réapproprier son procès, [...] de tout faire pour aller vers un accord", souligne-t-il. "L'idée, c'est que le justiciable ait son mot à dire. Il rencontre son juge, que le juge dise le droit rapidement. Il faut que l'on sorte de la culture de la castagne pour aller vers une culture de l'apaisement, de la négociation", continue "EDM". "Le divorce est le bon exemple parce que parfois le justiciable ne voit même pas ce que l'on juge", ajoute-t-il. 

Selon le garde des Sceaux, "on a 1% d'amiable (en France) alors qu'à l'étranger on pratique l'amiable à hauteur de 80-90%". "Ça marche ailleurs, on arrive à obtenir des décisions dans des délais très courts. Aux Pays-Bas, par exemple, il y a deux fois plus de contentieux jugé en deux fois moins de temps", affirme-t-il. 

En parallèle, les changements sur le plan judiciaire doivent s'accompagner de la construction de "15.000 places de prison nettes". "Il s'agit de l'un des leviers pour régler la situation qui est la nôtre, avec des conditions de détention et travail pour le personnel pénitencier indignes", met en avant Éric Dupond-Moretti. Néanmoins, dans le même temps, il faut trouver le bon équilibre sur l'échelle de la répression. "S'il suffisait de cogner fort, très fort, de rétablir la peine de mort, pour éradiquer la délinquance, il y a des siècles que nous le saurions", conclut-il. 


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