Loi immigration : "La version de l'Assemblée est totalement décalée et beaucoup plus faible", regrette Xavier Bertrand

par A. Lo.
Publié le 10 décembre 2023 à 14h27

Source : L'Evénement du Dimanche LCI

À la veille de la présentation du projet de loi sur l'immigration à l'Assemblée nationale, le président des Hauts-de-France est revenu sur ce texte.
Dans l'Événement du dimanche sur LCI, Xavier Bertrand a regretté que la version votée au Sénat ait été altérée suite à son passage en commission des lois.
"La version qui est sortie du Sénat, je la vote dès demain", a-t-il affirmé.

Un texte "décalé", "complètement transformé". Invité de l'émission L'Événement du dimanche, ce 10 décembre du LCI, à la veille de l'ouverture des débats sur le projet de loi immigration à l'Assemblée nationale, Xavier Bertrand ne s'est pas montré convaincu par le nouveau texte qui s'apprête à être discuté dans l'hémicycle. Alors que le projet de loi a été voté au Sénat le mois dernier, les députés vont examiner un texte remanié en commission des lois. "La version de l'Assemblée est totalement décalée et beaucoup plus faible que celle qui sort du Sénat", a regretté Xavier Bertrand. 

Un texte "transformé, complètement déshabillé"

"La version qui est sortie du Sénat, je la vote dès demain. J'appelle les parlementaires LR à voter la version qui est sortie du Sénat", a-t-il insisté sur le plateau de LCI, estimant que le texte, après son passage en commission, a été non "pas amendé", mais "complètement transformé, complètement déshabillé". Les députés ont notamment retiré ou réécrit certains articles. C'est le cas par exemple de la mise en place de quotas migratoires, demandés par le Sénat, mais supprimés en commission des lois, les députés évoquant une inconstitutionnalité.

À ce sujet, Xavier Bertrand s'est dit favorable à des quotas, appelant par conséquent à une modification de la Constitution. "Tant qu'il n'y aura pas de véritables quotas migratoires, il n'y aura pas de solution. Et quand on ne peut pas rester en France, on doit quitter notre pays, sans avoir le moindre espoir de régularisation, parce que c'est ça qui continue à faire appel d'air", a-t-il martelé.

En ce sens, l'élu des Républicains a également appelé à durcir la politique vis-à-vis des entreprises "qui recrutent en toute connaissance des sans-papiers". Il s'est ainsi opposé à ce qu'il y ait des régularisations pour les personnes sans-papiers travaillant dans les filières en tension. "On dit 'je n’arrive pas à recruter donc je recrute un migrant'. Ça ne va pas. Il faut former des salariés. Il faut donner du boulot aux chômeurs", a indiqué Xavier Bertrand.

Interrogé sur l'Aide Médicale d'État (AME), que le Sénat a supprimé dans sa version de la loi immigration, Xavier Bertrand a estimé qu'il fallait qu'elle soit "adaptée en Aide médicale d'Urgence". "Le dispositif doit être redirigé vers des soins d’urgence. Le système AME maintient dans la clandestinité des personnes qui devraient repartir. Je ne propose pas de la supprimer", a ainsi précisé le président de région, alors que sa possible suppression avait provoqué un tollé parmi les médecins et jusqu'à certains élus de droite. 

Dans un rapport remis au gouvernement, l'ancien ministre PS Claude Evin et le préfet Patrick Stefanini, figure de LR, ont estimé que l'AME "est un dispositif sanitaire utile", "globalement maîtrisé" et "qui ne génère pas de consommations de soins faisant apparaître des atypismes, abus ou fraudes structurelles".


A. Lo.

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