VIDÉO - Réforme des retraites : soirée tendue dans le pays après le 49.3, 310 interpellations au total

par S.M avec AFP
Publié le 16 mars 2023 à 22h48, mis à jour le 17 mars 2023 à 8h51

Source : TF1 Info

Plusieurs milliers de personnes se sont réunies ce jeudi, place de la Concorde, à Paris, après l'activation du 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites.
Elles ont été dispersées dans la soirée par la police, qui a procédé des centaines d'interpellations.
D'autres rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes, comme à Lyon, Marseille ou Rennes.

La manifestation avait débuté dans le calme, en milieu de journée. Les forces de l'ordre sont intervenues, jeudi 16 mars au soir, sur la place de la Concorde, au cœur de Paris. Elles ont dispersé une bonne partie des milliers de manifestants hostiles à la réforme des retraites qui s'y étaient massés progressivement et dans le calme, ont constaté des journalistes de l'AFP et de TF1-LCI. Au total, 310 manifestants à travers le pays ont été interpellées, a annoncé ce vendredi Gérald Darmanin, après des heurts qui ont émaillé plusieurs manifestations dans différentes villes.

258 interpellations à Paris

Dans la capitale, 10.000 personnes sont venues protester place de la Concorde selon le ministère de l'Intérieur. Les forces de l'ordre sont entrées en action, notamment avec des canons à eau, après une tentative de dégradation du chantier de l'Obélisque, au centre de la place de la capitale, selon la préfecture de police. Plusieurs charges et des jets de gaz lacrymogène ont éloigné les protestataires du pont qui mène à l'Assemblée nationale, et les ont repoussés de l'autre côté de la place, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de cet article. Une bonne partie des manifestants ont quitté les lieux vers 20h30 pour se disperser dans les rues et quartiers environnants.

Quelques centaines de personnes se trouvaient toujours sur la place où les sapeurs-pompiers sont intervenus pour éteindre plusieurs départs de feu sur le chantier de l'Obélisque, notamment sur des planches et une pelleteuse. Des poubelles ont aussi été incendiées dans les rues alentours, a indiqué la préfecture de police. Plusieurs véhicules ont en outre été incendiés et des scooters renversés. Peu avant minuit, les forces de l'ordre avaient procédé à l'interpellation de 258 personnes. 

Les premiers protestataires s'étaient rassemblés sur la place au milieu de l'après-midi, à l'appel du syndicat Solidaires, alors que la Première ministre Elisabeth Borne venait d'annoncer devant les députés qu'elle engageait la responsabilité de son gouvernement pour faire adopter sa réforme contestée. Ils ont été rejoints peu après 16h par des manifestants massés près du Palais-Bourbon et un cortège de plus de 1600 jeunes, partis de la place de la Sorbonne.

Des heurts violents à Rennes, Nantes et Marseille

Ailleurs en France, d'autres rassemblements se sont organisés dans plusieurs villes. Rassemblant quelques centaines de manifestants, notamment des jeunes, devant les mairies ou préfectures, certaines de ces mobilisations ont, elles aussi, été émaillées de tensions avec les forces de l'ordre et ont donné lieu à des dégradations. À l'échelle nationale, 180 actions ont été relevées par la police, rassemblant 52.000 personnes dans les rues. Au total, 52 interpellations ont été réalisées, dont 49 menant à une garde-à-vue. Selon la place Beauvau, 54 policiers ont été blessés. La situation a été particulièrement tendue à Rennes, Nantes, Toulouse, mais aussi Albi, Marseille et Dijon. 

À Rennes, la préfecture a évoqué huit interpellations et autant de garde à vue en fin de soirée, après des dégradations multiples et "26 feux éteints". Du côté de Nantes, où environ 3500 personnes se sont rassemblées en début de soirée, selon la police, l'ambiance s'est rapidement détériorée : feux de poubelles non ramassées, jets de cocktails Molotov, tirs de mortiers vers les forces de l'ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogène. À Marseille sur la Canebière, des jeunes masqués ont fracassé la vitrine d'une agence bancaire et un panneau publicitaire tandis que d'autres ont mis le feu à des poubelles aux cris de "à bas l'État, les flics et le patronat", a constaté un journaliste de l'AFP.

Les CRS ont fait usage de gaz lacrymogène également à Amiens, Lille ou encore Grenoble. À Dijon, où 700 personnes se sont rassemblées, certains s'en sont "pris aux forces de l'ordre et ont commis des dégradations", tandis qu'un mannequin à l'effigie du président de la République a été brûlé, selon la préfecture. Du côté de Lyon, sur fond de feux de poubelles et de jets de projectiles sur la mairie, la préfecture a fait état de quatre interpellations. Des rassemblements ont également eu lieu à Toulouse, Bordeaux ou encore Besançon. Côté gendarmerie, on dénombre 28 manifestations rassemblant 1200 personnes, principalement devant des sous-préfectures, mais sans aucun incident majeur.

L'intersyndicale a appelé à "des rassemblements locaux de proximité" ce week-end ainsi qu'à une neuvième journée de grèves et de manifestations le jeudi 23 mars.


S.M avec AFP

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