On a regardé le premier "seul en scène" de Gabriel Attal à l'Assemblée, qu'en retenir ?

Publié le 3 avril 2024 à 17h07

Source : TF1 Info

Gabriel Attal inaugurait ce mercredi une séance de Questions au gouvernement un peu particulière.
En effet, il était le seul autorisé à répondre aux interrogations des députés.
Si ces derniers étaient un peu plus présents que d'habitude, la révolution souhaitée et attendue n'a pas eu lieu.

"La parole est à monsieur le Premier ministre." Voilà ce qu'a répété, à dix reprises, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet ce mercredi après chaque question posée par un ou une parlementaire dans le cadre de la séance de Questions au gouvernement. Sur une proposition de cette dernière, l'Assemblée nationale a inauguré un format inédit où seul le chef du gouvernement était autorisé à répondre aux interrogations. Une expérimentation qui se poursuivra tous les mercredis jusqu'au 29 mai. TF1info a regardé les 45 minutes de la séance, loin de la révolution annoncée ou souhaitée.

"Je suis ravie d'inaugurer ce nouvel exercice de style démocratique", a dit la députée Les Républicains Virginie Duby-Muller, la première à prendre la parole, avant d'interroger Gabriel Attal sur l'entreprise Atos. "Je suis ravi de pouvoir expérimenter ce nouveau format. Nous verrons s'il permet de revivifier cette séance du mercredi", a enchaîné le Premier ministre, bien seul sur le banc des ministres seulement peuplé de la ministre chargée des Relations avec le Parlement Marie Lebec, et face à un hémicycle très clairsemé, particulièrement dans les rangs de la gauche et de l'extrême gauche, les plus critiques sur cet exercice. Il y a eu jusqu'à 193 députés présents, a indiqué Matignon à la presse après un décompte maison, contre 123 au maximum la semaine dernière. Un effet Attal plutôt relatif, donc.

Gardez votre voix pour aller hurler ailleurs."
Gabriel Attal

Concentré, écoutant les questions sans prendre de notes et y répondant sans l'aide d'antisèches, le Premier ministre n'a semblé piégé sur aucun sujet. C'était l'une des limites de l'exercice, s'improviser spécialiste de tout et devoir avoir réponse à tout. Mais peut-être les questions n'étaient-elles pas si techniques. Gabriel Attal a déroulé son argumentaire, comme il le fait d'habitude, vantant le bilan du gouvernement en matière de chômage ou de pouvoir d'achat, vantant une fois de plus la composition de groupes de niveau à la rentrée prochaine sous les huées de l'extrême gauche. "Pas la peine d'essayer de hurler pour m'empêcher de parler. Gardez votre voix pour aller hurler ailleurs (...) ça n'aura pas d'impact sur mon expression", leur a-t-il répondu.

Le Premier ministre a profité d'avoir le micro pour lui tout seul – et pas de limite de temps pour répondre aux députés, qui eux, ont 2 minutes pour poser leur question – pour s'opposer plus particulièrement et plus en longueur à La France insoumise et au Rassemblement national, les renvoyant parfois dos-à-dos. 

Des oppositions aux RN et à LFI particulièrement soignées

À Sébastien Chenu (RN) qui lui demandait "quelle mauvaise surprise fiscale" le gouvernement réservait aux Français "après le 9 juin et les européennes", il a répondu : "C'est toujours surprenant de vous entendre parler de responsabilité budgétaire, vous qui n'avez que le mot dépense à la bouche". "Vous nous parlez de Mozart de la finance, avec vous ce serait le crépuscule des retraites et la dette enchantée. C'est ça le programme du Rassemblement national", a-t-il ajouté, dans ce qui nous a semblé être la seule véritable "punchline" de la séance. 

À Fabien Roussel (PCF) qui l'interrogeait sur le pouvoir d'achat, le Premier ministre a assuré que "la vraie différence entre nous et les oppositions dans cet hémicycle, c'est que nous ne nous en prendrons jamais aux Français qui travaillent, au fruit de leur épargne, aux Français qui ont travaillé toute leur vie". À Adrien Quatennens (LFI), il a assumé "de dire qu'avoir un modèle social plus incitatif pour l'activité permet de pourvoir un certain nombre de postes qui aujourd'hui ne sont pas pourvus, ce qui entraine une perte de financement de notre modèle social".

"Ça n'a pas fait d'étincelle. On a un show, mais un mauvais show", a résumé la présidente du groupe écologiste Cyrielle Chatelain à l'issue de la séance. "On a des réponses de forme, on a très peu de réponses de fond", a également regretté la députée de l'Isère, décrivant "quelqu'un qui s'enferre dans une image de Premier ministre isolé, sans équipe"


Justine FAURE

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