À moins de deux mois de l’élection présidentielle, la course aux 500 parrainages bat son plein.
Certains maires, indécis, redoublent d'imagination sur le processus à suivre pour exprimer leur choix.
Dans le Morbihan, un édile laisse ses administrés trancher à sa place.

Il n'arrivait pas à trancher... alors il a choisi de ne pas choisir. À Guémené-sur-Scorff, dans le Morbihan, le maire a décidé de consulter ses citoyens pour savoir à quel candidat à l'élection présidentielle il devait accorder son parrainage. Ce vendredi, les isoloirs sont de sortie et les bulletins de vote sont prêts. Mais l'édile l'assure, il ne s'agit pas d'un scrutin. "Ce n’est pas un vote. Lors d’un vote, il y a un procès verbal, une officialisation… Là ce n’est pas ça. C’est une consultation comme on peut en faire à différents niveaux dans la commune", explique René Le Moullec, élu sans étiquette politique. "A consulté", plaisante-t-il après avoir placé son bulletin dans l'urne, en référence à la célèbre formule "a voté". 

L'objectif de cette démarche est double : mobiliser les électeurs et les inclure dans la vie politique. "C’est une manière de les impliquer, de susciter leur intérêt pour cette élection. J’espère qu’ils seront très nombreux", souligne le maire qui assure qu'il respectera le résultat de ce "non-vote". "C’est le béaba d’une consultation", lance-t-il.

Un enthousiasme modéré

Dans le village breton, l'initiative ne fait pas l'unanimité. "C’est plutôt pas mal, ça me donne envie de voter", se réjouit Alexis, 20 ans, qui va voter pour la première fois lors de l'élection présidentielle. "Le maire doit faire son choix, lui-même. Mais qu’il consulte les habitants, bien sûr que c’est bien. C’est une vraie démocratie", abonde une habitante au micro de TF1. Au contraire, certains sont beaucoup plus sceptiques. "Je trouve que c’est ridicule et surtout pas courageux", fustige un riverain qui estime que l'édile "ne veut pas se mouiller". "Ça reste original comme idée mais est-ce que les gens vont vraiment répondre à l’appel ? Je ne pense pas", tance un autre habitant de la commune qui doit sa renommée à la fameuse andouille de Guémené. 

René Le Moullec n'est pas le premier à opter pour une démarche originale afin de choisir celui qu'il parrainera. Plusieurs de ses collègues - à Pia dans les Pyrénées-Orientales, Comprégnac en Aveyron, Sainte-Anastasie-sur-Issole dans le Var, ou encore Marpent dans le Nord - ont déjà tenté de recourir à une consultation citoyenne. Mais ils se sont, systématiquement, heurté au véto de leur préfecture. Le ministère de l'Intérieur a indiqué que le fait de présenter un parrainage était une décision purement personnelle, pas du ressort du conseil municipal ni même d'une consultation auprès des habitants. Toutefois, le Conseil constitutionnel ne s'est pas encore officiellement positionné sur cette question qui fait, jusqu'ici, l'objet d'un vide juridique. 

De son côté, Frédéric Bouchet, maire de Louhans (Saône-et-Loire), a envoyé un parrainage blanc à l'association des maires de France. Son idée : créer un stock pour les candidats qui en auraient le plus besoin.  


M.G | Reportage TF1 : Paul Géli et Médéric Pirckher

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