Dérapage raciste d'un député RN : tollé à l'Assemblée

Tollé à l’Assemblée nationale : la séance suspendue après des propos racistes d’un député RN

Publié le 3 novembre 2022 à 17h38
JT Perso

Source : TF1 Info

La séance des questions au gouvernement a été suspendue ce jeudi après qu'une phrase raciste a été prononcée dans l'hémicycle.
Le député insoumis Carlos Bilongo Martens avait la parole et interpellait l'exécutif sur la situation de migrants en Méditerranée lorsqu'un député du Rassemblement national a tenu des propos en référence à l'Afrique.
"Le racisme n'a pas sa place dans notre démocratie", a réagi la Première ministre, tandis que le RN dénonce "une manipulation".

Le racisme en plein hémicycle. Ce jeudi, lors des questions au gouvernement, le député LFI Carlos Martens Bilongo avait la parole et interpellait l'exécutif sur la situation de migrants en Méditerranée quand une phrase raciste a provoqué un tollé sur les bancs de l'Assemblée. Alors que l'élu insoumis s'exprimait, on a pu entendre "qu'il retourne en Afrique" ou "qu'ils retournent en Afrique". Des propos prononcés par Grégoire de Fournas, député du Rassemblement national, qui ont poussé la présidente Yaël Braun-Pivet à suspendre la séance. Une phrase qui a fait réagir jusqu'au président de la République. "Le Président est heurté par ces mots qui dans l'hémicycle comme hors de l’hémicycle sont intolérables. Soutien au parlementaire insulté", a indiqué dans la soirée l'entourage d'Emmanuel Macron.

Le doute persiste sur la ou les personnes visées par les propos du député RN incriminé, Grégoire de Fournas. Selon le Rassemblement national, il aurait prononcé la phrase au pluriel et aurait fait référence au bateau de migrants duquel parlait Carlos Martens Bilongo. "Gregoire de Fournas a déclaré 'qu’ils retournent en Afrique' en parlant du bateau transportant les migrants en Europe, en aucun cas en parlant du député", a assuré le parti dans un communiqué. "Cette phrase a été détournée par La France insoumise qui cherche des prétextes pour faire des interruptions de séance. Ils ont compris que je parlais du député, ce qui est faux", s'est justifié le député de Gironde, qui refuse de s'excuser et assume ses propos. De son côté, Marine Le Pen, a dénoncé une "polémique grossière" des "adversaires" du RN.

"Honteux, complètement honteux !"

Mais pour La France insoumise, le député RN a dit "retourne en Afrique" et visait bien le membre de leur groupe. "Nous demandons solennellement la plus haute sanction prévue par notre règlement à l’encontre de Grégoire de Fournas, soit la censure et l’exclusion", a indiqué la présidente du groupe LFI Mathilde Panot. "La déchéance et l'exclusion de l'injurieur doivent être décidées", a abondé Jean-Luc Mélenchon. 

"Aujourd'hui, on m'a renvoyé à ma couleur de peau. Je suis né en France, je suis député français, et je ne pensais pas qu'à l'Assemblée nationale, j'allais me faire insulter. On m'a insulté, moi et toutes les personnes en France qui ont cette couleur de peau", a ensuite réagi Carlos Martens Bilongo, le député visé. "C'est honteux, complètement honteux !"

Incident à l'Assemblée : les réactions de Carlos Martens Bilongo et Grégoire de FournasSource : TF1 Info

Renaissance "ne siégera pas" avant une sanction lourde

Le groupe Renaissance s'est joint à LFI pour réclamer de fortes sanctions et "condamne fermement cet incident d’une gravité inouïe". Les députés Renaissance ont décidé unanimement qu’ils "ne siègeraient pas" dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale tant qu’une sanction, qu’ils souhaitent "la plus lourde possible", ne serait pas prononcée contre le député RN, a indiqué son vice-président Sylvain Maillard. "Le racisme n'a pas sa place dans notre démocratie", a réagi la Première ministre Elisabeth Borne, en indiquant que "naturellement", le bureau de l'Assemblée nationale "devra prendre des sanctions". 

"Du FN au RN, le nom change, mais les références hideuses et les habitudes ignobles restent", a quant à lui dénoncé Gérald Darmanin. "Quelle honte", a-t-il ajouté. "Nul ne peut ceindre l'écharpe tricolore après avoir tenu de tels propos : Marine Le Pen doit exiger sa démission sans délai", a par ailleurs estimé le président du parti présidentiel Stéphane Séjourné.

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Le président du groupe LR Olivier Marleix s'est également indigné et juge lui aussi que la phrase du député RN visait bien l'insoumis et non les migrants, comme le soutient le RN. "Il y a bien un ADN d’extrême droite. Le racisme, voilà ce qui différencie l’extrême droite de la droite", a-t-il constaté sur Twitter.

Le sujet et les sanctions qui pourront être appliquées à Grégoire de Fournas seront au menu du prochain bureau de l'Assemblée, qui devait se tenir mercredi prochain mais sera finalement avancé à vendredi.


La rédaction de TF1info

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