Le panier anti-inflation du gouvernement a du plomb dans l'aile

par J.F.
Publié le 22 février 2023 à 16h28

Source : JT 20h Semaine

Le gouvernement planche depuis un mois sur la mise en place d'un panier anti-inflation d'une cinquantaine de produits censé protéger le pouvoir d'achat des Français.
Si la ministre déléguée au Commerce Olivia Grégoire assure ce mercredi qu'il n'est "pas enterré", d'autres membres du gouvernement semblent peu à peu désengager l'exécutif de ce dispositif.
Les discussions avec la grande distribution doivent se poursuivre jusqu'à mi-mars.

Après l'échec du chèque alimentation, le gouvernement est-il allé trop vite en annonçant la mise en place d'un panier anti-inflation ? L'exécutif planche sur ce dispositif depuis plus d'un mois, et si la ministre déléguée au Commerce Olivia Grégoire assure ce mercredi auprès de L'Opinion qu'il n'est "pas enterré", le ministre de l'Économie et le porte-parole du gouvernement se montrent moins optimistes. 

Mi-janvier, le gouvernement avait annoncé travailler sur un panier anti-inflation d'une cinquantaine de produits de grande consommation, alimentaires et non-alimentaires mis en place à partir du mois de mars pour une durée de trois mois, pour amortir la hausse des prix. "L'une des possibilités, c'est d'avoir un panier de produits de première nécessité (…) que la grande distribution s'engagerait à vendre presque à prix coûtant", expliquait le ministère du Commerce, précisant qu'il s'agirait plutôt d'engagements volontaires des distributeurs que de dispositions législatives ou réglementaires.

Mais un mois après, il semblerait que les discussions patinent, voire que le gouvernement essaye de trouver une porte de sortie à cette proposition. Lundi, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire avait déclaré sur BFMTV : "Je ne sais pas si (le résultat des discussions) sera un panier anti-inflation". "Ce sera ce que les distributeurs trouveront de plus utile et de plus efficace." "J'ai fixé le 15 mars comme date limite pour trouver ensemble une solution opérationnelle sur cette augmentation des prix alimentaires et des prix de grande consommation de manière générale", avait-il ajouté.

Ce n'est pas qu'à l'Etat de faire un effort pour le pouvoir d'achat des ménages."
Olivier Véran

Ce mercredi, à l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement a également noyé le poisson, et surtout a mis la pression sur la grande distribution. "La grande distribution s'est engagée pour le pouvoir d'achat des Français, ce n'est pas qu'à l'État de faire un effort pour le pouvoir d'achat des ménages, tous les acteurs économiques qui le peuvent doivent aussi prendre leur part", a expliqué Olivier Véran. "Nous continuons de travailler à la ou aux meilleures solutions possibles. C'est ce qui compte pour un consommateur : quand vous rentrez dans une grande surface, que vous sachiez que vous avez des produits qui sont identifiés, que ce soit par le gouvernement ou par le supermarché. Peu importe, ce qui importe, c'est que vos courses vous coûtent le moins cher possible."

Le gouvernement semble donc remettre la responsabilité de la réussite du panier entre les mains des grandes enseignes. Mais celles-ci semblent peu collaboratives. Si certaines disent vouloir jouer le jeu, comme Lidl ou Système U qui a lancé son propre panier début février sans attendre celui du gouvernement, d'autres font savoir qu'elles ont déjà lancé leurs propres initiatives. Le PDG de Carrefour Alexandre Bompard a estimé que son groupe avait déjà pris "des mesures pour accompagner les clients" face à la hausse des prix dans les rayons. 

Les discussions se poursuivent. L'échéance attendue n'est désormais plus début mars, mais le 15 mars.


J.F.

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