Élection présidentielle 2022

"Je préfère avoir un autre jockey" : pourquoi Gilbert Collard a lâché Le Pen pour Zemmour

Y.R
Publié le 24 janvier 2022 à 13h00, mis à jour le 24 janvier 2022 à 14h26

Source : TF1 Info

Gilbert Collard a rejoint ce week-end les rangs du parti Reconquête, fondé par Éric Zemmour.
Un ralliement que le député européen désormais ex-RN a justifié sur LCI, lundi 24 janvier.
Il a assuré n'avoir "aucun grief" contre Marine Le Pen, estimant qu'elle "n'a pas démérité".

"Vous ne me ferez rien dire contre Marine Le Pen." Parti rejoindre le camp d'Éric Zemmour, samedi 22 janvier, dans un bruit de vaisselle cassée, Gilbert Collard garde toute son affection pour la candidate du Rassemblement national. Et ce, même si son départ n'a pas été apprécié par l'intéressée.

"Ce qui me touche, c'est la manière dont c'est fait", a-t-elle regretté sur France 3, dimanche 23 janvier. "Pour des gens qui vous expliquent toute la journée qu'ils vont sauver la France, ne pas être capable de décrocher son téléphone pour dire à la personne qui vous a fait élire : 'j'ai pris la décision d'aller chez un concurrent' en pleine campagne présidentielle de surcroît, c'est vraiment déplorable."

Pourquoi Gilbert Collard n'a l'a-t-il donc pas prévenue ? "C'est un secret entre elle et moi. Si elle me cherche, elle va me trouver. Elle sait très bien pourquoi je ne l'ai pas appelée", a rétorqué l'eurodéputé ex-RN sur LCI, lundi 24 janvier. "Qu'elle ne vienne pas faire la donneuse de leçon de morale, parce que c'est elle qui m'a appris cette morale. Maintenant, vous ne me ferez rien dire contre Marine Le Pen ni contre le Rassemblement national. Marine est une femme courageuse qui ne mérite pas que je la critique. Je ne la critiquerai pas", a-t-il ajouté, affirmant être prêt à être calomnié par les membres de son ancien parti. "Ils peuvent me crucifier sur la croix médiatique. J'endurerai silencieusement."

Il y a un moment donné où le charme est rompu

Gilbert Collard, eurodéputé ex-RN

Quelques jours après Jérôme Rivière et Damien Rieu, deux autres figures du RN ayant récemment annoncé leur défection en faveur d'Éric Zemmour, Gilbert Collard a justifié son ralliement à l'ancien polémiste. "Au nom de sa liberté", il a assuré "avoir le droit d'aller défendre (ses) idées". "Il y a très peu de différences d'idées entre le Rassemblement national et le mouvement Reconquête", a-t-il expliqué, jugeant d'ailleurs "la lutte fratricide absurde".

"Je considère toutefois qu'Éric Zemmour a une capacité à faire entendre la voix des patriotes qu'une certaine aphonie méthanique de Marine Le Pen ne rend plus possible. On a le même cheval, mais moi je préfère avoir un autre jockey. Vous vous rendez compte qu'il a réussi à rendre incorrect le politiquement correct", a-t-il appuyé. 

Si dans les sondages, la candidate RN, créditée de 17,5% d'intentions de vote, selon un baromètre Ifop-Fiducial pour LCI, Paris Match et Sud Radio, semble en position de se qualifier pour le second tour, Éric Zemmour, quatrième, stagne autour de 12%. Une tendance qui "ne durera pas" selon Gilbert Collard. "Marine n'a pas démérité, je n'ai aucun grief contre elle, mais il y a un moment donné où le charme est rompu", a poursuivi l'avocat médiatique. 

D'où son appel à "soutenir" le candidat du parti Reconquête dans la course à l'Élysée. "Aujourd'hui, je pense que c'est le seul qui peut transcender, porter la voix, se faire entendre du côté de la droite dite authentique", a-t-il argué. "Il a la dimension architecturale du moment. Ce n'est pas donné à tout le monde." 


Y.R