Élection présidentielle 2022

Présidentielle : l’initiative originale d’un maire du Var pour choisir à qui ira son parrainage

La rédaction de LCI | Reportage TF1 : Baptiste Guénais et Sylvain Fargeau
Publié le 21 janvier 2022 à 17h07
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

PRÉSIDENTIELLE - À Sainte-Anastasie-sur-Issole, dans le Var, le maire sans étiquette a décidé d'organiser une sorte de référendum pour désigner le candidat ou la candidate à l'investiture qui aura son soutien. Ce sont les habitants qui sont invités à voter pour choisir celui ou celle que leur élu parrainera.

Un avant-goût de présidentielle, à quelques mois de l'élection prévue en avril. À Sainte-Anastasie-sur-Issole, des tracts d'une nature insolite sont distribués par le maire en personne : plutôt que de défendre le programme d'un parti, Olivier Hofmann souhaite lancer un appel à une consultation citoyenne. "J'aimerais vous solliciter pour que je puisse désigner le candidat à qui je donnerai mon parrainage lors des présidentielles", explique l'élu à l'un des résidents dans le reportage du 13H de TF1 en tête de cet article. 

Les 2000 habitants de la commune vont donc vivre en quelque sorte deux élections en quelques mois. Dès la semaine prochaine, ils choisiront entre les candidats déclarés et ceux qui se déclareront probablement. Le vote aura lieu deux samedis d'affilée, le 29 janvier et le 5 février avec, pour que le résultat compte, un seuil de participation minimum fixé à un quart des votants de la commune. Si la participation n'est pas suffisante, la signature du maire n'ira à aucun candidat, selon Le Parisien.

"Être un relais de la population"

Réservée pour ce "préscrutin", la salle commune du village proposera un bulletin pour chaque candidat, mais pas pour Emmanuel Macron, puisque l'actuel président de la République ne s'est pas déclaré officiellement en lice dans la course à l'Élysée, poursuit le journal. 

Pour le maire, dont le parrainage est public, cette initiative est d'abord une manière de ne pas prendre parti. Ce choix revient à "afficher son appartenance politique", explique-t-il à TF1, "or ça n'a pas été le cas en ce qui nous concerne puisque l'on a été élus sans étiquette". "La seule façon de parrainer, c'est d'être un relais de la population", estime-t-il. 

La candidature à l'élection présidentielle est en effet conditionnée depuis une loi de 1962 à l'obtention de parrainages d'élus. Depuis 1976, le nombre de signatures nécessaires est fixé à 500, contre 100 auparavant. Une règle par ailleurs jugée trop rigide par certains candidats, d'autant que peu d'élus prennent part au dispositif : lors de l'élection de 2017, seuls 34% environ des élus habilités ont parrainé un candidat ou une candidate, un chiffre en diminution par rapport à 2012, élection pour laquelle 32% d'entre eux avaient donné cette signature, selon le site Vie publique.

Lutter contre l'abstention lors du véritable scrutin

Au lieu de gâcher cette voix, Olivier Hofmann préfère profiter des sollicitations quasi-quotidiennes des équipes des candidats pour mobiliser sa population. "Les administrés vont regarder de plus près leur programme", raconte l'élu, qui a un objectif en tête : "qu'on ne retombe pas dans le travers des dernières élections, c'est-à-dire un taux d'abstention assez important"

Lors de l'élection présidentielle de 2017, 25,44% des électeurs n'étaient pas allés voter, un record depuis 1969. Plus récemment, lors du second tour des municipales en 2020, ce taux grimpait au niveau historique de 58,4%, avant un record absolu avec 65,7% d'abstention lors du premier tour des régionales l'année suivante. Selon un sondage réalisé par Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro, l'élection présidentielle à venir ne devrait pas être épargnée par le phénomène, puisque l'abstention pourrait atteindre un record historique avec 29,5%.  

"Je n'ai pas voté aux dernières présidentielles, je ne suis pas forcément questionnée, mais là, je vais aller voter samedi", confie une habitante. L'initiative du maire de Sainte-Anastasie-sur-Issole est ainsi plutôt bien perçue par les habitants rencontrés. "En milieu rural, on a le sentiment d'être laissés de côté, alors désormais les gens se sentent mobilisés, je pense qu'ils iront", commente une autre. 


La rédaction de LCI | Reportage TF1 : Baptiste Guénais et Sylvain Fargeau

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