Retraites : les 4 points sur lesquels l'intersyndicale se fissure

Publié le 1 mai 2023 à 12h37

Source : JT 20h WE

L'intersyndicale espère une mobilisation record ce lundi 1er mai pour la treizième journée de protestation contre la réforme des retraites.
Elle espère rester unie dans les prochaines semaines et s'accorder sur la suite à donner au mouvement.
Mais sur plusieurs points, ses membres sont en désaccord.

Voilà des semaines qu'ils donnent rendez-vous ce lundi 1er mai. Cette année, les syndicats souhaitent faire des traditionnels défilés des travailleurs ceux de la dernière chance contre la réforme des retraites. Après douze journées de mobilisation, ils espèrent une participation "historique". "Cette fête des travailleurs se déroule dans l'unité syndicale et rien que ça, c'est historique", s'est d'ailleurs réjoui le secrétaire général de FO Frédéric Souillot. Pour la dernière fois ? 

Car même si ce dernier estime "qu'il n'y a pas un gravier" entre ses membres, des fissures apparaissent sur la stratégie à adopter à l'avenir au sein de l'intersyndicale qui se réunira ce mardi 2 mai pour en discuter. Voici les quatre points qui les divisent et pourraient marquer la fin de leur entente.

Faut-il poursuivre les manifestations ?

Faut-il continuer à réclamer le retrait de la réforme des retraites ?

Au sein de l'intersyndicale, tous assurent que la page retraites n'est pas tournée. Pourtant, ils n'appellent plus à l'unanimité à retirer le texte. Les 64 ans, "je ne les accepte pas, je ne les accepterai jamais", a expliqué Laurent Berger dimanche lors du Grand Jury. "Mais moi, je regarde la réalité en face. Ma responsabilité, c'est de défendre les travailleurs et les travailleuses, ce n'est pas de leur vendre du rêve", a-t-il ajouté. "Croire que le gouvernement reculerait aujourd'hui, sauf à me faire passer pour un naïf, je n'y crois pas aujourd'hui", a-t-il confirmé ce lundi matin sur franceinfo, s'opposant à ses camarades de la CGT et de Force ouvrière notamment.

Désormais, pour faire reculer le gouvernement, Laurent Berger voit deux solutions : "La décision du Conseil constitutionnel le 3 mai sur le référendum d'initiative partagée (…) et la proposition de loi déposée par le groupe Liot pour abroger ce texte de loi"

Faut-il répondre à l'invitation d'Elisabeth Borne ?

Ces prochains jours, l'intersyndicale devrait être invitée à se rendre à Matignon pour discuter avec la Première ministre. S'y rendront-ils ? "Nous allons en parler en intersyndicale le 2 mai et nous allons décider ensemble des suites que nous donnerons", a réagi la nouvelle secrétaire générale de la CGT Sophie Binet la semaine dernière. "Tout dépend bien sûr de l’objet de ce rendez-vous et de sa forme", avait-elle ajouté. "Avant qu’on nous reçoive, (il faut) qu’on ait des garanties", a renchéri le numéro un de FO Frédéric Souillot. 

Laurent Berger, toujours lui, semble pourtant déjà avoir pris sa décision. "Si les autres ne veulent pas y aller, la CFDT ira à Matignon", a-t-il prévenu dimanche. "On n'a pas créé une seule organisation syndicale, on est d'accord ? Quand on est un syndicaliste, même si ça nous fait pas marrer d'aller voir notre patron tous les matins, on y va quand même. (...) On ne va pas tout décider ensemble", a-t-il ajouté ce lundi sur franceinfo.

Faut-il continuer à organiser des coupures d'électricité ?

La CGT continue de revendiquer des coupures de courant, dans des stades ou des mairies, et d'appeler à agir pendant de grands événements culturels et sportifs comme le festival de Cannes ou d'Avignon. Mais la CFDT n'y est pas favorable. "Sur les événements sportifs et culturels, la CFDT n'est pas pour les empêcher de se dérouler normalement. Il y a aussi eu des appels sur les Jeux olympiques l'année prochaine : non. Je vais être très clair, les citoyens ont aussi envie d'aller au stade, aux événements culturels, et que ça se déroule, car ça fait aussi partie de la vie. La CFDT n'est pas favorable à des coupures d'électricité", a déclaré Laurent Berger. "Ce n'est pas trop notre truc. Je ne suis pas certain que ce soit très efficace", a également expliqué le président de la CFE-CGC François Hommeril ce lundi sur LCI.

Le dernier défilé unitaire avec les huit principaux syndicats remontait à 2009, face à la crise financière. Après 2023, faudra-t-il encore attendre 14 ans pour voir une intersyndicale unie ?


Justine FAURE

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