Le gouvernement dévoile mardi le détail de sa réforme explosive des retraites.
L’âge de départ légal ne serait plus de 65 ans mais de 64 ans, et la durée de cotisation rallongée plus vite que prévu.
TF1 fait le point sur les derniers arbitrages et les coulisses de ces décisions.

Le président et la Première ministre se sont retrouvés vendredi pour arbitrer les dernières décisions. Sauf surprise, l’âge légal de départ à la retraite sera porté non plus à 65, mais à 64 ans. "Les 65 ans, c’était un leurre. Ils les avaient mis au début pour se laisser une marge de repli", analyse un interlocuteur de la Première ministre dans la vidéo du 20H de TF1 ci-dessus. 

En compensation, la réforme sera couplée d’une mesure sur la durée de cotisation : celle-ci sera rallongée plus vite que prévu. Jusqu’à présent, elle devait augmenter progressivement jusqu’à 43 ans en 2035. Après la réforme, ce serait toujours 43 ans, mais plutôt dès 2029 probablement. Avec cette formule, le gouvernement veut trouver des alliés. "Si on abandonne les 65 ans, il faut qu’on ait quelque chose en échange", affirme un ministre. 

Le soutien des LR en bonne voie

Le but est d’obtenir les voix des Républicains. "J’ai rappelé à la Première ministre que cette réforme se ferait avec les Républicains ou ne se ferait pas", déclare Olivier Marleix, président du groupe LR à l’assemblée nationale. Pendant les fêtes, Elisabeth Borne n’a cessé de négocier avec leur patron Éric Ciotti, en bonne passe d’obtenir une entrée en vigueur plus lente de la retraite à 64 ans. À partir de cet été, l’âge légal devrait augmenter non pas de quatre mois chaque année, mais seulement de trois mois. 

Le soutien des LR est désormais en très bonne voie. Cela éviterait au gouvernement de passer en force avec un 49.3. Côté syndicats, en revanche, c’est plus compliqué. Les mesures promises pour les métiers pénibles et pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans n’ont pas suffi. "S’il y a un déport de l’âge légal de départ en retraite à 64 ou 65 ans, la CFDT se mobilisera pour contester cette réforme", lance Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. "J’ai dit à la Première ministre qu’elle avait réalisé un exploit. Ça faisait douze ans que l’ensemble des organisations syndicales dans ce pays ne s’étaient pas unies contre une réforme", souligne de son côté Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. 

Le gouvernement se garde encore quelques cartes, notamment sur la retraite à 1200 euros minimum pour les carrières complètes. La mesure était déjà prévue pour les futurs retraités. L’exécutif songe à l’appliquer aussi à ceux qui sont déjà à la retraite, histoire de tout faire pour que la contestation soit la moins forte possible. 


Léa Tintillier | Reportage vidéo Bastien Augey, Michaël Merle, Pierre Bram

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