La réforme des retraites, dossier explosif du 2nd quinquennat Macron

En cas de motion de censure sur les retraites, une dissolution de l'Assemblée est possible, confirme Olivier Dussopt sur LCI

Y.R.
Publié le 29 septembre 2022 à 9h55
JT Perso

Source : TF1 Info

L'exécutif va ouvrir de nouvelles concertations autour de la réforme des retraites, dans le but d'adopter un projet de loi "avant la fin de l'hiver".
En cas de blocage du texte à l'Assemblée, Emmanuel Macron a fait savoir qu'il était prêt à faire usage de l'arme ultime : la dissolution.
Sans rapporter les propos du chef de l'État, le ministre du Travail Olivier Dussopt a confirmé sur LCI qu'en dernier recours, cette possibilité était sur la table.

Un texte de loi "avant la fin de l'hiver". À l'issue d'un dîner à l'Élysée autour d'Emmanuel Macron, mercredi 28 septembre, réunissant les cadres de la majorité, le chef de l'État a chargé Élisabeth Borne d'avancer sur le dossier explosif des retraites. Dans cette optique, l'exécutif va ainsi rouvrir "un nouveau cycle de concertations" avec partenaires sociaux et forces politiques, en vue d'une adoption d'un projet de loi global "avant la fin" du premier trimestre 2023, a annoncé à l'AFP la Première ministre, jeudi 29 septembre, s'accrochant à la promesse présidentielle d'une "entrée en vigueur de la réforme à l'été".

Des concertations sur la très controversée réforme des retraites que devra mener le ministre du Travail Olivier Dussopt. "Ça va servir à tracer des consensus et des convergences", a indiqué le ministre, invité d'Adrien Gindre sur LCI. "Nous avons fait un choix et nous assumons ce choix de mener cette réforme. Le président de la République a tracé un cadre, fixé un cap, (...) à la fois pour équilibrer le système et financer les améliorations du système. Nous avons pris la décision d'ouvrir une dernière concertation (...) pour partager les constats, dire comment nous voulons procéder et recueillir des propositions." 

Le 49.3 est outil constitutionnel qui permet de surmonter les blocages et les obstructions

Olivier Dussopt, ministre du Travail, du Plein Emploi et de l'Insertion

L'objectif du gouvernement est clair : "Il est de faire en sorte qu'avant Noël, nous ayons une réforme, un texte qui soit le plus partagé et le plus compris possible." "Je suis assez convaincu que les partenaires sociaux, comme les forces politiques, vont prendre leur responsabilité et participer à cette concertation", a ajouté le ministre en charge du Plein emploi et et de l'Insertion.

L'exécutif serait-il à se servir du 49.3 pour faire passer la réforme ? "C'est un outil constitutionnel qui permet de surmonter les blocages et les obstructions. Ça l'expose aussi à une motion de censure", a-t-il rappelé. "Si je vous dis que nous souhaitons, la Première ministre l'a dit, une concertation, à la fois avec les partenaires sociaux mais aussi les groupes politiques, c'est parce qu'à aucun moment nous renonçons à créer les conditions d'une majorité et d'une convergence sur le système des retraites."

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Lors de ce dîner de travail à l'Élysée, Emmanuel Macron a notamment brandi la menace d'une dissolution de l'Assemblée, en cas de vote d'une motion de censure sur les retraites. "Ce qui se joue, c'est l'autorité de votre serviteur et je ne vais pas la lâcher au bout de six mois", a lancé le chef de l'État devant ses convives. "Je ne veux pas de chienlit. Si une motion de censure est adoptée, ça veut dire que tout le monde repart en campagne." Des propos rapportés à TF1 et LCI par l'un des participants.

"Je n'ai pas pour habitude de rapporter les propos du président de la République. Ce que je peux vous assurer, c'est qu'il considère qu'il a été élu, c'est une évidence, qu'il dispose d'une majorité, majorité relative, mais d'une majorité à l'Assemblée nationale. Si, à un moment ou un autre, la totalité des oppositions (...) se coalisaient pour adopter une motion de censure pour faire tomber le gouvernement, il s'en remettrait aux Français", a assuré Olivier Dussopt. "Les Français trancheraient et diraient la nouvelle majorité qu'ils veulent. Évidemment, nous serions en campagne pour que le Président soit conforté." 


Y.R.

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