Fragilisée par la bataille sur la réforme des retraites, la Première ministre affirme toutefois ne pas être en sursis.
Après une semaine marquée par de légères tensions avec le président, elle assure qu'Emmanuel Macron lui a d'ores et déjà donné "de la visibilité sur les prochains mois".
La cheffe du gouvernement a aussi exclu la possibilité d'un remaniement.

"Je suis à ma tâche" : alors que la mobilisation se poursuit contre la réforme des retraites, Elisabeth Borne assure avoir toujours sa place à Matignon. "Pas pour répondre à un plan de carrière, j’ai passé l’âge. Mais parce que je pense encore être utile dans la crise que traverse notre pays", a plaidé la Première ministre dans les colonnes du Parisien dimanche, à quelques jours de la décision du Conseil constitutionnel attendue le 14 avril sur le projet de loi de l'exécutif. "Dans une période suspendue comme celle-là, c’est important de garder ses nerfs", a-t-elle lancé.

La cheffe du gouvernement, bien que fragilisée par cette séquence politique, a également écarté la piste d'un remaniement : "ce n’est pas le sujet". Assurant ne pas être en sursis, elle a aussi évoqué des garanties que lui aurait données Emmanuel Macron. "Avec le président de la République, nous avons convenu qu’on se donnait de la visibilité sur les prochains mois", a expliqué Elisabeth Borne. Pour un macroniste interrogé par le quotidien, la Première ministre devrait rester à Matignon "au moins jusqu’en septembre, et les élections sénatoriales"

"Elle fait le travail"

"Elle fait le travail, elle continue d’avancer", a confirmé Emmanuel Macron au Parisien en privé, en marge de son déplacement en Chine ces derniers jours. "Depuis les élections de législatives, le pays a avancé. Nous ne sommes pas à l’arrêt malgré la majorité relative. Le gouvernement gouverne, le président préside et le pays avance, avec des réformes qui sont importantes", a-t-il poursuivi.

Des déclarations visant à rassurer à nouveau sur l'unité au sommet de l'exécutif, après ce qui ressemblait à un pas de côté de la Première ministre cette semaine. Jeudi, elle avait appelé à respecter "une période de convalescence" dans le pays, exhortant à ne pas "brusquer les choses" avec les syndicats, un ton conciliant qui tranchait avec celui bien plus ferme du chef de l'État. "On est parfaitement alignés", avait rapidement déminé Elisabeth Borne, en précisant partager "les mêmes objectifs" avec lui. 

Dans l'entretien au Parisien, la cheffe du gouvernement a également feint de s'étonner au sujet de ses potentiels remplaçants, dont les noms circuleraient déjà : le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, celui de l'Intérieur Gérald Darmanin ou encore des Armées Sébastien Lecornu, ou même le patron du MoDem François Bayrou, liste le journal. "Je n’ai pourtant que des amis...", a-t-elle répondu, avant de faire valoir la difficulté de ses fonctions : "J’ai envie de dire : vis ma vie !"

Quant à l'Assemblée Nationale, "il n’y aura pas de grand soir avec une nouvelle majorité que personne n’a vu venir", a aussi indiqué la Première ministre, disant envisager des majorités "texte par texte" plutôt que de chercher à construire une coalition avec la droite ou la gauche, une opération plus difficile. Selon Le Parisien, elle devrait remettre au chef de l'État sa feuille de route pour tirer des leçons de la période dès le lendemain de la décision du Conseil constitutionnel. "On va donner du sens et du souffle à l’action. On ne passe d’une situation comme celle-là à 'business as usual' du jour au lendemain", a-t-elle assuré. 


M.L

Tout
TF1 Info