Le secrétaire général de la CFDT assure qu’un samedi de manifestation n’a jamais autant rassemblé.
La dernière fois que ce jour de la semaine a connu un tel de niveau de mobilisation, c’était en 2010.

Pour son quatrième jour, le mouvement de contestation à la réforme des retraites a connu un sursaut samedi 11 février. Réjouis, les syndicats choisissent désormais de durcir le ton en appelant à une "France à l’arrêt" le 7 mars prochain et de mettre en avant une mobilisation "historique".

"C’est une immense mobilisation. Le samedi, dans une mobilisation sociale, jamais il n'y a eu autant de manifestants", a d'ailleurs insisté Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, dans l’émission Le Grand Jury. Un élément de langage déjà formulé la veille sur ses réseaux sociaux. Samedi 11 février, les différentes manifestations ont rassemblé 963.000 personnes en France, dont 93.000 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur. La CGT a recensé "plus de 2,5 millions" de manifestants au niveau national, dont 500.000 personnes dans le cortège parisien, tandis que celui de la CFDT en a décompté 1,8 million dans le pays.

Le mouvement social de l'automne 2010

Laurent Berger a également cherché la comparaison entre le mouvement actuel et celui des Gilets jaunes, organisé chaque samedi à l’automne 2018 et n’ayant rassemblé que "284.000 personnes" à son pic. En effet, la mobilisation, née des ronds-points et des réseaux sociaux et étendue aux grandes villes, a été la plus importante lors du premier acte, le samedi 17 novembre 2018, avec 288.000 participants selon le ministère de l’Intérieur et jusqu’à 1,3 million de personnes selon un syndicat. S’il a ensuite connu des actes agités qui ont défrayé la chronique, le mouvement n’a cessé de décliner au fil des semaines.

Pour comparer les précédents samedis de manifestations en France, il faut revenir aux grandes réformes sociales et à leurs contestations dans la rue. Et notamment à la mobilisation de 2010, contre, là encore, une réforme des retraites voulue par le gouvernement de François Fillon, faisant passer l’âge légal de départ de 60 à 62 ans.

À l’époque, deux samedis ont connu des hauts niveaux de participation. Le samedi 2 octobre 2010, 899.000 personnes descendent dans la rue, selon le ministère de l’Intérieur, contre la réforme du gouvernement Fillon. Elles sont même 2,9 millions pour la CFDT et près de 3 millions pour la CGT. Soit davantage que revendiqué aujourd’hui. Pour la police en revanche, le niveau de participation annoncé pour un samedi est plus important le 11 février. Deux semaines plus tard, le samedi 16 octobre, une mobilisation quasi similaire a lieu avec 825.000 manifestants, selon l’Intérieur et "près de trois millions", d’après la CGT. Si l’opposition des Français est réelle, l’exécutif ne plie pas et fait adopter son texte par l’Assemblée nationale et le Sénat.

La bataille des chiffres, elle, a toujours existé dans les mouvements sociaux en étant très politique et surtout fondée sur des méthodes de comptage différentes.

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Caroline QUEVRAIN

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