Réforme des retraites : la Nupes peine à s'accorder sur un mode de contestation commun

J.F
Publié le 2 janvier 2023 à 18h07

Source : TF1 Info

La Nupes s'oppose à la réforme des retraites, et ses parlementaires répètent qu'ils feront "front commun" pour s'opposer au projet de loi que le gouvernement devrait rapidement mettre à l'ordre du jour du Parlement.
Pourtant, ni sur le fond ni sur la forme de la mobilisation les membres de l'alliance de gauche ne semblent être d'accord.

Le mercredi 14 décembre, les membres de la Nupes avaient organisé ensemble une conférence de presse, symbolisant leur "front commun" contre une réforme des retraites dont ils ne veulent pas. "Nous sommes tous unis pour dire non à la retraite à 64 ou 65 ans, non à toute mesure d'âge, y compris à l'allongement du nombre de trimestres de cotisation", avait assuré le communiste Fabien Roussel, envoyé pour souligner "l'unité" des groupes parlementaires de la Nupes sur ce sujet, lui qui fait souvent cavalier seul au sein de l'alliance. En revanche, les députés et sénateurs présents ce jour-là avaient omis d'être plus précis sur les actions engagées ou les propositions communes qu'ils formuleraient comme alternative. 

Des désaccords sur le fond

"On n'est pas ici tous d'accord en tous points sur quelle pourrait être la réforme alternative, mais nous avançons vers des partis pris communs et nous avons une solidarité sans faille pour faire reculer le gouvernement", avait d'ailleurs avoué Clémentine Autain (LFI). Les divergences sont présentes aussi bien sur le font que sur la forme.

Dans son programme commun aux législatives, la Nupes proposait de "restaurer le droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous après quarante annuités de cotisation". Mais pour parvenir à cet accord, il avait fallu batailler, notamment parce que plusieurs partis n'adoptaient pas cette position à l'époque, à l'instar du Parti socialiste favorable à un départ à 62 ans, et à son Premier secrétaire Olivier Faure peu convaincu des quarante annuités pour tous. Le Parti communiste défendait lui un départ à 60 ans à taux plein dès 37,5 années de cotisation. 

Quel mode d'action ?

Concernant les moyens de faire entendre leur désaccord avec le gouvernement, chacun a formulé des propositions différentes : une grande mobilisation le 21 janvier pour La France insoumise, des "grands meetings" de la gauche et un référendum sur la réforme pour les communistes. Mais le PS, EELV et le PCF n'ont pas annoncé officiellement leur participation à la manifestation du 21 janvier, organisée à l’appel de dix associations de jeunesse. Ils souhaitent laisser l'organisation de la mobilisation dans la rue à la représentation syndicale. Ce débat avait déjà eu lieu en octobre au moment de l'organisation d'une marche contre la vie chère et l'inaction climatique, la CGT reprochant au mouvement politique de s'approprier son mode d'action et regrettant qu'il s'immisce sur son terrain.

Toutefois, ce lundi 2 janvier, la nouvelle présidente des Verts Marine Tondelier a prévenu qu'il sera possible de "faire reculer" la réforme des retraites en se mobilisant dans la rue. "On sait que le spectre du 49.3 rend assez peu crédible le fait que cette réforme échoue à l'Assemblée nationale ou au Sénat. Si elle échoue, ce sera dans la rue et c'est pour ça que c'est très important de se mobiliser dès les premières manifestations", a-t-elle déclaré sur RFI. 

Selon les informations du Parisien, la Nupes pourrait plutôt s'accorder sur l'idée d'un meeting anti-retraites commun organisé à Paris, d'après une idée de Fabien Roussel. Là encore, Marine Tondelier a donné son feu vert, "sur les retraites, nous sommes favorables à toute mobilisation commune de la gauche", a-t-elle expliqué au quotidien. 

Mais dans le même temps, la Nupes aura à gérer d'autres dissensions internes, notamment le probable retour d'Adrien Quatennens à l'Assemblée nationale, ce qui pourrait faire exploser ce "front commun" affiché sur la question des retraites.


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