À la Une de nombreux journaux vendredi matin, un nouveau visage du gouvernement.
La sarkozyste Rachida Dati a été nommée ministre de la Culture.
Ses collègues des Républicains n'ont pas mis longtemps à l'exclure du parti, après ce qu'ils interprètent comme une trahison.

Rarement sous Emmanuel Macron, une ministre a suscité une telle curiosité médiatique. Le profil de Rachida Dati tranche avec sa discrète prédécesseure, Rima Abdul Malak, très applaudi vendredi 12 janvier lors de la passation par les équipes du ministère. Rachida Dati, elle, a été choisie pour faire du bruit. "Je comprends qu'elle puisse surprendre, cette nomination, moi, elle ne me surprend pas [...] chacun sait que j'aime me battre. N'ayez pas peur", a-t-elle lancé lors de son premier discours à la tête de la Culture. 

Il y a deux ans pourtant, la maire du 7e arrondissement de Paris était moins tendre avec le président. "En marche [l'ancien  nom du parti présidentiel, NDLR], c'est des traîtres de gauche et des traîtres de droite", avait-elle lancé lors d'une interview sur France Inter. 

On a besoin de Dati, donc si elle a besoin de nous pour Paris, ça ne me dérange pas
Un conseiller

Alors qu'est qui a changé depuis ? Ses anciens camarades de droite n'ont pas attendu la réponse. Rachida Dati est déjà exclue des Républicains. "Encore une qui va à la soupe, déplore Florence Portelli, vice-présidente des Républicains. C'est dommage parce que les gens pensent que tous les politiques sont tous pareils, sans parole, sans valeur et c'est pas vrai". Cela faisait longtemps qu'Emmanuel Macron rêvait d'une telle prise de guerre. D'ailleurs, il menait lui-même les négociations. Un ministre sortant décrypte : "Ça fait des paillettes et du punch, et ça emmerde Les Républicains ! Comme ils ne veulent pas d'alliance, Macron les défigure en leur prenant quelqu'un". 

Rachida Dati, elle, espère un soutien du président pour devenir maire de Paris en 2026. Dans la soirée du jeudi 11 janvier, avant même sa nomination, elle a réuni ses équipes en visioconférence pour leur rappeler que son objectif reste Paris. "J'ai eu des assurances sur la mairie", aurait-elle ainsi assuré. Et dans la majorité, certains sont prêts à lui dégager le terrain, comme un conseiller interrogé dans le reportage en tête de cet article. "On a besoin de Dati, donc si elle a besoin de nous pour Paris, ça ne me dérange pas". Il n'en fallait pas plus pour faire bondir la gauche. 

"La culture ne serait qu'un tremplin pour une éventuelle candidature à l'Hôtel de ville, une manœuvre, un coup, mais rien à voir avec la culture ou l'intérêt général", fustige Julien Bayou député EELV de Paris. Au sommet de l’État, on assure qu'un tel deal n'existe pas. Mais la politique, c'est parfois juste laisser espérer et ne se fermer aucune porte.


La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Bastien Augey, Lucas Zajdela

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