La réforme des retraites, dossier explosif du 2nd quinquennat Macron

Retraites : "L'efficacité d'une réforme, c'est l'augmentation de l'âge de départ progressive", plaide Éric Woerth

Y.R.
Publié le 27 septembre 2022 à 10h58
Retraites : "L'efficacité d'une réforme, c'est l'augmentation de l'âge de départ progressive", plaide Éric Woerth

Source : LCI

Élisabeth Borne a annoncé, lundi 26 septembre, qu'une décision serait "prise d'ici la fin de la semaine" sur la méthode envisagée pour faire passer la très controversée réforme.
"À un moment donné, il faut décider", a lancé Éric Woerth, député de l'Oise, invité de LCI.
L'ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy s'est positionné pour une augmentation de l'âge de départ.

En cette rentrée, la très controversée réforme des retraites refait l'actualité. Malgré l'excédent dégagé par le système en 2021 et 2022, l'exécutif en fait bel et bien "une priorité". "Le président de la République, moi-même et la majorité considèrent que cette réforme est prioritaire", a assuré, lundi 26 septembre, sur BFMTV la Première ministre Elisabeth Borne, précisant que l'exécutif rendra sa décision sur la méthode pour la faire passer "d'ici à la fin de la semaine". La réforme pourrait ainsi être inclue, par le biais d'un amendement gouvernemental, au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). 

"Un bon endroit", selon Éric Woerth, invité d'Adrien Gindre sur LCI, mardi 27 septembre. "Il y a évidemment urgence maintenant à décider. Tous les dix ans, il faut réformer le système de retraite ou le réaménager. Il faut d'abord sauvegarder le système par répartition. Je comprends bien que ça fasse peur, que ça conduise à l'immobilisme. Mais l'immobilisme n'est jamais une réponse. Les discussions ont lieu. Les retraites, on en parle tout le temps. Le débat a lieu depuis des années. Il faut, à un moment donné, décider", a martelé le député Renaissance de l'Oise. "La loi de financement de la Sécurité sociale n'est pas un mauvais endroit pour essayer de réformer une partie des retraites. Ça tombe bien, il s'agit de financement et de sécurité sociale."

On a besoin d'augmenter l'âge de départ à la retraite de trois à quatre mois par an

Éric Woerth, député Renaissance de l'Oise

Pour le questeur de l'Assemblée nationale, "ça ne peut pas être qu'une réforme où on augmente l'âge" de départ à la retraite. Mais "la notion d'âge est fondamentale", a-t-il indiqué. "Dans d'autres pays, on travaille plus longtemps qu'en France et ça ne pose pas de difficultés majeures. Nous avons à l'époque, il y a 12 ans, avec Nicolas Sarkozy passer de 60 à 62 ans. Il faut aller plus loin, mais tranquillement. Il faut être progressif", a-t-il insisté. "L'efficacité d'une réforme passe par l'augmentation de l'âge de départ à la retraite, progressive, tout doucement (...) de trois à quatre mois par an. À la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron, si on était sur ce rythme d'augmentation, on sera à 64. Mais vous savez, pour aller à 65 ans, il faut passer par 64."

Selon lui, il ne serait pas équitable, en revanche, d'allonger la durée de cotisation. "C'est beaucoup moins efficace et plus injuste", a estimé l'ancien président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. "On demande aux jeunes Français d'être plus formés, donc ils rentrent beaucoup plus tard sur le marché du travail. Plus vous augmentez la durée de cotisation, plus l'âge de la retraite devient quelque chose d'extrêmement lointain. (...) Il ne faut pas vouloir dire au système de retraite dire absolument tout. Il ne faut pas, au moment où vous partez à la retraite, vouloir corriger toutes les injustices de toute la carrière, il faut le faire au fur et à mesure. C'est vrai pour la pénibilité et l'écart de salaire entre les femmes et les hommes."

Mise au point : âge moyen de départs à la retraiteSource : JT 20h WE
JT Perso

Il est en tout cas urgent de trancher pour Éric Woerth. "On sait ce qu'il faut faire, on peut ne jamais rien regarder, fermer les yeux et boucher les oreilles, mais l'intérêt général, c'est la sauvegarde du système de répartition. C'est une solidarité intergénérationnelle", a-t-il affirmé, regrettant le "sentiment d'indécision" donné par le gouvernement. 

"On a beaucoup de choses à faire dans un temps extrêmement limité. Tout mois perdu, tout temps perdu, quand on sait ce qu'on a à faire, est souvent irrattrapable. Ça ne veut pas dire que c'est un passage en force", a ajouté l'ancien LR. "À un moment donné, vous êtes là pour gouverner. Quand vous savez ce qu'en pensent les uns et les autres, il faut quand même le faire. Il peut y avoir des gens dans la rue, on est dans une démocratie. Les personnes peuvent contester, je l'entends bien et je le comprends bien. Mais l'intérêt général, c'est la justice entre les générations. C'est le fait d'assurer que le système par répartition fonctionnera."


Y.R.

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