La nomination surprise de Rachida Dati au ministère de la Culture jeudi a fait réagir de nombreuses figures politiques.
La maire du VIIe arrondissement de Paris a été exclue des Républicains par le président du parti, Éric Ciotti.
L'opposition, à gauche comme à l'extrême droite, critique aussi ce choix.

"Ma nomination ne me surprend pas" : la nouvelle ministre de la Culture, Rachida Dati, est probablement l'une des seules à ne pas être déconcertée par sa prise de pouvoir rue de Valois. Son arrivée à ce poste a pris tous les observateurs de court, qui ne s'attendaient pas à voir débarquer la maire du VIIe arrondissement, ancienne ministre sarkozyste, au sein du nouveau gouvernement formé par Gabriel Attal. Son parti politique, les Républicains, n'a pas attendu pour l'exclure des instances de l'organisation.

"Rachida Dati a fait le choix d’entrer au Gouvernement, a rapidement réagi sur X Éric Ciotti, le président des LR, jeudi soir. Elle se place en dehors de notre famille politique. Elle ne fait désormais plus partie des Républicains. Nous sommes dans l’opposition, nous tirons donc les conséquences de son choix avec regret." L'eurodéputé LR François-Xavier Bellamy va même jusqu'à évoquer son "écœurement" face à la décision de Rachida Dati. "Moi, je pense du macronisme la même chose que Rachida Dati avant qu'elle reçoive un coup de fil hier", a expliqué l'élu ce matin sur France inter

"Une traître à sa famille politique", juge Clémentine Autain (LFI)

En réalité, cela ferait plusieurs jours que les contacts avaient été établis entre l'ancienne Garde des Sceaux (2007-2009) et la présidence de la République, selon les informations recueillies par le service politique de TF1-LCI. L'exécutif est à l'initiative de l'opération, Gabriel Attal ayant assez peu croisé Rachida Dati, hormis lors de quelques passages sur les plateaux de télévision ou lors de certains événements. Le Premier ministre a tout de même pu échanger avec elle avant sa nomination officielle jeudi soir.

"Il y a un manque de constance, juge le député RN de Moselle Laurent Jacobelli sur LCI. C'était la première qui nous expliquait que le parti macroniste était un rassemblement de traîtres de gauche et de traîtres de droite ! C'est un peu étonnant quand même." Même constat pour Clémentine Autain, cadre de La France insoumise et invitée de "Bonjour ! La Matinale TF1" ce vendredi. "Rachida Dati est traître à sa famille politique, regrette la députée de Seine-Saint-Denis. Elle-même fait des zigs et des zags, elle-même est opportuniste, elle-même est mise en examen. Elle-même a été dans des gouvernements qui ont cassé l'école publique."

"Elle n'y connait rien, mais ce n'est pas grave", estime Frédéric Mitterrand, ex-ministre de la Culture

"Une opposante factice à Emmanuel Macron" pour le zemmouriste Stanislas Rigault, une femme "sans foi ni loi" pour Emmanuel Grégoire, le Premier adjoint à la maire PS de Paris Anne Hidalgo... Les opposants n'ont pas manqué de qualificatifs ces dernières heures pour critiquer l'élue parisienne. Jeudi soir sur TF1, le Premier ministre Gabriel Attal, lui, affichait toute sa confiance à Rachida Dati. "C'est une femme qui ne laisse personne indifférent parce que c'est une femme d’engagement, d’énergie, qui toute sa vie s’est battue pour obtenir ce qu’elle voulait obtenir", a-t-il lancé sur le plateau du 20H.

Certaines personnalités se montrent par ailleurs plus indulgentes envers la nouvelle locataire de la rue de Valois, comme Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et invité de la matinale de LCI ce vendredi matin. "Rachida Dati a choisi de faire ce que font Darmanin et les autres. Moi, ce n'est pas ma tasse de thé, mais bon courage et bonne chance", estime le député. L'ex-ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, en poste sous Nicolas Sarkozy, considère de son côté que la responsable "ne connaît rien" au monde de la culture. "Mais ce n'est pas grave : l'important est de savoir comment marche l'État et de s'entourer de gens très compétents et très capables", a-t-il ajouté sur RTL. 

Bien que satisfait de la nomination de Rachida Dati, Gabriel Attal n'aurait toutefois pas été contre le maintien en poste de Rima Abdul Malak au ministère de la Culture. Nommée en 2022, cette dernière constituait une alliée en qui il avait confiance.


Theodore AZOUZE avec le service politique de TF1-LCI

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