"Il ne se passe pas une semaine sans que la France soit la cible de campagnes structurées et coordonnées par la Russie de Vladimir Poutine pour perturber le débat en période pré-électorale", a indiqué ce mercredi sur TF1 le ministre chargé de l'Europe, Jean-Noël Barrot.
Il appelle les plateformes de réseaux sociaux à prendre leurs responsabilités pour supprimer les faux sites créés par la propagande russe.

Comment gérer les ingérences numériques et se protéger des menaces de déstabilisation qui pèsent sur la campagne des européennes ? Ce mercredi 1er mai au matin dans "Bonjour ! La Matinale TF1", le ministre chargé de l'Europe, Jean-Noël Barrot, a confirmé qu'il ne se passait "pas une semaine sans que la France soit la cible de campagnes structurées et coordonnées par la Russie de Vladimir Poutine ou ses courroies de transmission pour perturber le débat en période pré-électorale". "L'objectif c'est de s'en prendre à la démocratie", aux "consciences éclairées" de ses habitants, "c'est à cela que les mages du Kremlin, les amis de Vladimir Poutine veulent s'en prendre, en diffusant des fausses informations par le détournement de sites du gouvernement, de sites de médias, ou par la création de faux comptes sur les réseaux sociaux", a-t-il expliqué.

Comment empêcher cela ? Le ministre a expliqué que la première étape était de "détecter ces manœuvres de propagande", et la deuxième de contraindre les plateformes de réseaux sociaux à "prendre leurs responsabilités". "Je les appelle à supprimer sans délai ou à bloquer sans délai l'accès aux sites internet que nous avons identifiés", a déclaré Jean-Noël Barrot, remarquant toutefois que "certains des sites que nos autorités ont attribués à des agents russes n'ont toujours pas été bloqués par certaines de ces plateformes". Il a bien rappelé qu'elles avaient la responsabilité "d'éviter que se propagent, sur leurs services, sur leurs plateformes, des fausses nouvelles, notamment en période pré-électorale", sous peine de sanctions pouvant aller jusqu'à l'expulsion du territoire européen.

Plus de 220 sites identifiés par Viginum

Lundi, l'ex-ministre du Numérique s'était entretenu avec ses homologues allemands et polonais au sujet de l'ingérence numérique ; ils avaient appelé à "redoubler d'efforts" pour se prémunir des "opérations de désinformation" menées par des acteurs étrangers, dont certains liés à la Russie, et qui ciblent désormais presque tous les États membres de l'Union européenne. 

Début février, la France avait annoncé que l'organisme français de lutte contre les ingérences numériques étrangères, Viginum, avait mis au jour un réseau "structuré et coordonné" de sites diffusant de la propagande russe en Europe et aux États-Unis. Baptisé "Portal Kombat", ce réseau comptait alors 193 sites. Jean-Noël Barrot a révélé lundi que Viginum avait poursuivi son enquête, permettant "la détection de 31 nouveaux noms de domaine créés entre le 20 et le 26 mars et appartenant au réseau Portal Kombat".


J.F.

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