Le cas du maire du Saint-Brevin-les-Pins, qui démissionne après avoir été visé par des menaces et un incendie, n’est pas isolé.
En 2022, plus de 2200 agressions ont été enregistrées, certaines très violentes.
Que peut-on faire pour protéger ces élus ?

Un policier municipal de chaque côté, Julien Luya revient sur le lieu de son agression. C’est au pied de quelques immeubles que le maire de Firminy (Loire) croise plusieurs adolescents autour d’un feu, et s’approche pour les sermonner. "Les insultes ont fusé, certains sont venus à mon contact, une empoignade a suivi et j'ai été blessé". Le bilan : quinze jours d’incapacité de travail. 

Des agressions en augmentation

Les agressions, comme celle-ci et celle dont a été victime Yannick Morez, le maire de Saint-Brevin-les-Pins, sont de plus en plus nombreuses. L’an dernier, 2265 agressions et menaces contre des élus ont été recensées par le ministère de l’Intérieur. C’est 32% de plus que l’année précédente. 

Comment ces élus sont-ils protégés face aux violences ? En tant que personnes dépositaires de l’autorité publique, les maires ont un statut plus protecteur qu’un simple citoyen.

Depuis janvier, une nouvelle loi permet aux associations d’élus de se porter partie civile, c'est-à-dire, de porter plainte à la place des maires, parfois découragés par les procédures. Et en cas de condamnation, les sanctions pour les auteurs sont les mêmes que pour des violences contre un policier ou un pompier, jusqu’à cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende, en cas de blessure grave. Une peine insuffisamment prononcée selon les élus. "Il n'y a même pas instruction, parce que la justice en France est débordée. C'est une question de moyens, d'implication", déplore David Lisnard maire (LR) de Cannes et président de l'association des maires de France.

Le gouvernement doit lancer prochainement une cellule de lutte contre les violences envers les élus. 


La rédaction de TF1 | Reportage Matthieu Desmoulins, Christophe Buisine

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