École, pouvoir d'achat, violences urbaines... ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron sur TF1

Publié le 24 juillet 2023 à 15h12

Source : TF1 Info

Le président de la République a accordé une interview aux JT de 13H de TF1 et France 2 ce lundi pour s'adresser aux Français avant la coupure estivale et à l'issue de la période des "100 jours".
L'occasion pour lui de revenir sur de nombreux sujets, climat, pouvoir d'achat, violences urbaines ou réformes à venir à l'école.
On récapitule ce qu'il faut retenir de cet entretien.

Trente minutes pour tirer le bilan des "100 jours", commenter l'actualité et faire le point sur les grands chantiers de la rentrée. Depuis Nouméa, où il est arrivé ce lundi pour évoquer, entre autres, l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, le président de la République s'est adressé aux Français lors d'une interview donnée aux JT de 13H de TF1 et France 2. "L'ordre" a été le fil rouge des propos du chef de l'État, qui a également réaffirmé son souhait de réinstaurer "l'indépendance" industrielle ou économique de la France. Voici ce qu'il faut retenir de son entretien.

Remettre de l'ordre, dans la famille, sur internet

Invité à commenter et à tirer les leçons des récentes violences urbaines survenues suite à la mort de Nahel, le président de la République a répondu : "La leçon que j'en tire, c'est : l'ordre, l'ordre, l'ordre. La deuxième, c'est que notre pays a besoin d'un retour de l'autorité à chaque niveau, et d'abord dans la famille". Emmanuel Macron a donc dit vouloir ouvrir à la rentrée le chantier de l'autorité parentale. "Ce n'est pas l'Éducation nationale et encore moins la police qui peut régler le problème, il faut le traiter à la cause. On doit responsabiliser certaines familles, accompagner d'autres dans la détresse", a-t-il expliqué.

Il faut aussi "revoir notre politique de répartition des difficultés. Une des limites de notre République, c'est que pendant des décennies, on a concentré les difficultés dans les mêmes quartiers, les mêmes endroits".

Alors que les réseaux sociaux ont joué un grand rôle dans la propagation des violences, le chef de l'État a également dit vouloir "réussir à mieux protéger les enfants et jeunes adolescents des écrans", mais aussi, en partenariat avec les plateformes, "réussir à très vite retirer les contenus quand ils appellent à la violence". Une façon selon lui de rétablir un "ordre public numérique" pour "prévenir les débordements".

De "petites révolutions" attendues à l'école

Emmanuel Macron a assuré qu'il y aurait "un professeur devant chaque classe" à la rentrée, grâce à "une série de petites révolutions", qui passent par la réforme de la formation et une meilleure rémunération. Référence au "pacte enseignant", qui prévoit sur la base du volontariat le remplacement de professeurs absents par leurs collègues en échange d'une meilleure rémunération.

D'autres nouveautés ont par ailleurs été détaillées : l'accueil des enfants dès 2 ans dans les quartiers en difficulté, une réduction du nombre d'élèves par classes dès la moyenne section de maternelle dans les zones les plus en difficulté, l'entrée en vigueur d'une demi-heure de sport systématique dès la primaire, la création de nouvelles heures de soutien en 6e, la possibilité d'ouvrir les collèges de 8h à 18h dans les quartiers sensibles. Le chef de l'État a également annoncé la poursuite de la réforme du lycée professionnel et du baccalauréat.

"Nul, en République, n'est au-dessus de la loi"

"Je ne vais pas commenter les propos du directeur général qui s'exprime sur une série d'affaires parce que de là où je suis en tant que garant des institutions et de l'indépendance de l'autorité judiciaire c'est une décision qui a été prise par un magistrat", a dit Emmanuel Macron, invité à commenter les déclarations du directeur général de la police nationale Frédéric Veaux à propos d'un policier incarcéré dans le cadre d'une enquête sur des violences policières commises en marge des récentes émeutes. "Dans notre pays les policiers servent la bonne application de la loi, et l'état de droit suppose la présomption d'innocence pour tout le monde et le respect de la loi pour chacun", a estimé le chef de l'État.

"Il faut être intraitable quand des débordements sont faits, que la déontologie n'est pas respectée, tout le monde doit respecter la loi. Mais je ne voudrais pas qu'on se trompe de débat. Je comprends l'émotion qu'il y a aussi chez nos policiers qui ont eu le sentiment d'être confrontés à la violence la plus extrême. Il faut entendre cette émotion tout en faisant respecter l'état de droit pour tous", a ajouté le président. 

Invité à confirmer que les policiers ne sont pas au-dessus des lois, Emmanuel Macron a répondu : "Je vous le confirme". "Nul, en République, n'est au-dessus de la loi."

Pouvoir d'achat

Côté pouvoir d'achat, Emmanuel Macron a estimé que la nouvelle hausse de 10% des tarifs réglementés de l'électricité au 1er août était une "décision proportionnée", rappelant que le "contribuable paye ce que le consommateur ne paye pas". "Cette hausse de l'été" est "importante pour beaucoup de nos compatriotes qui sont déjà dans la difficulté mais je pense que c'est une décision proportionnée", a-t-il plaidé, assurant que "le gouvernement continuera d'accompagner les plus modestes", notamment "pour se déplacer".

Il a promis de "continuer à accompagner dans les prochains mois" l'évolution du prix de l'énergie grâce à la production de "davantage d'électricité en remettant nos centrales nucléaires en marche" et en finalisant "une réforme au niveau européen qui va permettre de réduire notre coût de l'électricité parce que la France a été pénalisée par les règles de calcul".

Le président a également eu un mot pour confirmer que le gouvernement planchait sur une baisse d'impôts de 2 milliards d'euros, mais sans préciser quelle forme elle prendrait.

Climat : "Nous devrons faire deux fois plus vite"

"Nous devrons faire deux fois plus vite" que les cinq dernières années, durant les cinq années qui viennent, pour réduire nos émissions de CO2 et tenir les objectifs climatiques, a assuré Emmanuel Macron. "Nous allons présenter, secteur par secteur, la transition et les investissements" pour tenir cet objectif, a-t-il expliqué. Alors que l'exécutif doit dévoiler fin août sa stratégie de planification écologique, il a promis d'investir "dès l'année prochaine", "plusieurs milliards d'euros en plus" dans l'écologie. Le président souhaite notamment rouvrir des usines "de batteries électriques", d'"éoliennes en mer", "de panneaux solaires" : des activités axées sur la décarbonation de l'économie renforçant "l'indépendance de la France" et "protégeant la biodiversité"

Élisabeth Borne, le "choix de la confiance"

Le choix d'Emmanuel Macron de reconduire Élisabeth Borne à Matignon est-il un choix par défaut ? Non, a-t-il répondu, c'est le "choix de la confiance, de la continuité et de l'efficacité". "Il y a eu des jours avec et des jours sans (...) mais oui, le gouvernement a avancé, décidé, fait passer des textes, été efficace, ce qui justifie ce choix de confiance pour la Première ministre", a-t-il ajouté, reconnaissant toutefois qu'Élisabeth Borne avait échoué à élargir la majorité, comme il le lui avait demandé.

L'avenir de la Nouvelle-Calédonie

Parmi les raisons de la présence d'Emmanuel Macron en Océanie : le statut de la Nouvelle-Calédonie, qui au cours des dernières années s'est prononcée à 3 reprises contre l'indépendance par référendums. "Le choix qui a été exprimé, c'est de rester aux coté de la France et de la République", s'est réjoui le président, qui s'est dit ici pour "construire les bases" d'un "nouveau chemin". Il juge très important une présence forte de la France dans cette région indo-pacifique, "espace soumis à toutes les tensions, où la Chine déploie une présence de plus en plus forte" tout comme les États-Unis. "C'est notre influence qui se joue aussi, et une place dans (...) cette zone", a-t-il souligné.

Loi immigration

L'un des grands chantiers de la rentrée sera la rédaction et le vote d'une loi immigration, déjà repoussée par l'exécutif. "Si nous n'avons pas réussi à enclencher ce texte, c'est parce qu'il y a eu un souhait par plusieurs forces politiques de mettre sur la table leur propre texte", a justifié le chef de l'État. Or, "le gouvernement a la volonté de bâtir avec toutes les oppositions constructives"

Quels sont les objectifs visés par la loi ? "Réduire les entrées, lutter contre les trafiquants et les réseaux d'immigration illégale", "mieux intégrer dans les secteurs qui en ont besoin", a répondu Emmanuel Macron. 

"Dès la rentrée, le ministre de l'Intérieur a la responsabilité de travailler avec la majorité relative à l'Assemblée nationale et les forces d'opposition qui ont fait des propositions", a-t-il poursuivi. "J'ai bon espoir que les oppositions républicaines qui veulent que le pays soit mieux protégé dans ses frontières, ait moins d'immigration clandestine, raccompagne mieux ceux qui n'ont rien à faire chez nous et intègre mieux ceux qui sont là et aident la nation à réussir, qu'en bonne foi ils nous aident à bâtir un texte."

Au nom de "l'efficacité", il a d'ailleurs suggéré ne pas exclure de recourir au 49.3 pour faire adopter le texte.


Justine FAURE

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