Damien Abad accusé de violences sexuelles, un ministre dans la tourmente

Violences sexuelles : "Saisir les partis politiques ne remplace pas la justice", martèle Marlène Schiappa

S.M
Publié le 8 juillet 2022 à 10h56
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Source : TF1 Info

Invitée politique sur LCI vendredi 8 juillet, Marlène Schiappa est revenue sur les accusations sexuelles à l'encontre de Taha Bouhafs, Eric Coquerel et Damien Abad.
Selon la secrétaire d'État chargée de la vie associative et solidaire, dans ces trois cas, "c'est à la justice de se prononcer".
En cas d'agression sexuelle, le "rôle des partis politiques est d'accompagner les personnes vers la plainte", rappelle-t-elle.

Taha Bouhafs, Eric Coquerel, Damien Abad : autant d'affaires qui soulèvent la délicate question de l'organisation des partis politiques pour lutter contre les violences sexuelles. Pour Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de la vie associative et solidaire, dans ces trois cas, "c'est à la justice de se prononcer", a-t-elle déclaré, ce vendredi 8 juillet, sur le plateau de LCI. 

Les trois personnalités politiques sont accusées d'agressions sexuelles au sein de leurs partis respectifs. Pour le cas de Taha Bouhafs, le militant Insoumis a dénoncé une enquête "hors du droit", n'ayant pas accès au contenu de l'accusation portée contre lui, et n'ayant pas eu de confrontation avec la victime. Sur le fond, le chef de file des Insoumis lui-même, Jean-Luc Mélenchon reconnaît, dans les colonnes de Libération que le comité de signalement interne à LFI n'est "pas satisfaisant" en l'état. Difficile, donc, de respecter la présomption d'innocence, et d'entendre les femmes victimes au sein d'un parti. Mais, aux yeux de Marlène Schiappa, qui a "passé deux ans au ministère de l'Intérieur à faire en sorte que les femmes puissent déposer plainte plus facilement" en cas d'agression sexuelle, le "rôle des partis politiques est d'accompagner les personnes vers la plainte", tranche-t-elle. 

"La présomption d'innocence ne passe pas derrière la parole des femmes"

"On a une cellule de signalement à LaREM, qui est perfectible", reconnaît la secrétaire d'État, qui a "impulsé" sa création, sans pour autant prendre part à son fonctionnement. "A mon avis, il faut que ces cellules ne soient pas réservées qu'aux élus, elles doivent être ouvertes aux militants", estime-t-elle. "Mais saisir les partis politiques ne remplace pas la justice", rappelle-t-elle.  

Que faire des responsables politiques accusés d'agression sexuelle ? Dans le cas de Damien Abad, accusé de viol - ce qu'il dément - visé par une enquête judiciaire, et écarté du gouvernement, "on avait un ministre responsable du portefeuille des solidarités, donc responsable des services, notamment sur l'égalité entre hommes et femmes", rappelle Marlène Schiappa. Dès lors, si Marlène Schiappa assure respecter la "présomption d'innocence, qui ne passe pas derrière la parole des femmes", les activités de l'ex-ministre étaient devenues inconciliables.

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Quant à Eric Coquerel, lui aussi visé par des accusations sexuelles portées en justice, Marlène Schiappa se dédouane, rappelant que "les comités politiques n'innocentent pas", mais que c'est aux députés qui l'ont élu à la tête de la Commission des finances de l'Assemblée nationale de "prendre une décision". Contrairement à Damien Abad, qui a été nommé par le Président de la République, "Eric Coquerel a été élu par les députés, et je ne suis pas députée", rappelle Marlène Schiappa. 


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