Les maires se réunissent ce lundi à Paris à l'occasion du 105ᵉ congrès de l'Association des maires de France (AMF), en grande partie consacré aux violences auxquelles ils font face.
Dans une étude du Cevipof publiée ce dimanche, 69% des maires disent avoir été victimes d'incivilités liées à l'exercice de leurs fonctions en 2023.
Des chiffres qui devraient être en hausse de 15% cette année.

Ils se réunissent ce lundi à Paris pour débattre de leur quotidien, en particulier des violences à leur égard. Après la série d'agressions qui ont marqué l'année 2023 - incendie criminel du domicile du maire de Saint-Brevin (Loire-Atlantique), attaque à la voiture-bélier de l'édile de L'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) lors des émeutes de l'été - le 105ᵉ congrès de l'Association des maires de France (AMF) a pour objet "Communes attaquées, République menacée". Dimanche, avant cette réunion, le Cevipof a publié une grande enquête confirmant que les violences envers les élus sont en constante augmentation ces dernières années. 

D'après ce sondage réalisé auprès de 6000 maires du 19 septembre au 12 octobre 2023, 68,7% disent avoir été victimes d'incivilités (impolitesse, agressivité, etc) dans le cadre de leurs fonctions, c'est 16 points de plus qu'en 2020. Ils sont 38,9% à avoir subi insultes ou injures, 40,9% des menaces verbales ou écrites, 27,2% des attaques sur les réseaux sociaux, 18,6% du harcèlement moral, 7,6% des atteintes à leurs biens personnels et 7,5% une agression ou des violences physiques. Ces dernières restent heureusement minoritaires et n'augmentent pas. 

Après une hausse de 32% des agressions en 2022, soit 2265 plaintes et signalements, le ministère de l'Intérieur table sur une nouvelle hausse de 15% en 2023.

Un mandat à l'impact négatif pour 31,4% des maires

Les violences ne s'arrêtent pas aux élus, puisque 12% des maires reconnaissent que leur entourage familial a également subi les mêmes comportements violents. D'ailleurs, 31,4% des élus interrogés estiment que leur mandat a eu un impact négatif sur leur vie familiale et personnelle. 16,7% estiment que l'impact a été positif, et 40,7% qu'il n'a eu aucun impact, ni positif ni négatif. Les réponses négatives augmentent ces dernières années : après un taux record de 43% en 2019, il est passé de 19% en 2020 à 29% en 2022 et 35% en 2023.

Le Cevipof a aussi souhaité cerner la perception subjective des maires quant au climat dans lequel ils exercent leur mandat. Ainsi, les maires ressentent un niveau d’insécurité légèrement supérieur à celui des Français en général (15% contre 11% pour l’ensemble des Français, selon l’enquête "Cadre de vie et sécurité" de l’Insee). 

Une augmentation des démissions

Toutes ces données encouragent les démissions des maires ; elles ont augmenté de 30% par rapport au mandat précédent, avec plus de 1300 comptabilisées depuis 2020. Parmi les facteurs d'explication, l'auteur de l'étude Martial Foucault évoque un "sentiment d'impuissance" des maires, confrontés à la réalité de plus en plus complexe et chronophage de leur mission. Les maires invoquent aussi la "trop forte exigence des citoyens" et les difficultés à concilier exercice du mandat et vie personnelle ou professionnelle. Toutefois, le Cevipof souligne "qu’à mi-mandat, les maires résistent à l’accumulation de crises".


J.F.

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