Affaire Quatennens : le député LFI dans la tourmente

Affaire Quatennens : "Une gifle n’est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours", selon Manuel Bompard

J.F
Publié le 23 septembre 2022 à 11h14, mis à jour le 23 septembre 2022 à 14h45
JT Perso

Source : TF1 Info

Le député insoumis Manuel Bompard estime qu'une gifle n'est pas "égale à un homme qui bat sa femme tous les jours".
Il revendique également d'avoir de la "nuance" sur ces sujets pour "graduer les accusations et donc les sanctions et les mesures qui y correspondent".

Il n'avait pas encore pris la parole depuis les aveux d'Adrien Quatennens et le tweet controversé de Jean-Luc Mélenchon. Et à coup sûr, les déclarations du député LFI Manuel Bompard ce vendredi sur CNews à propos de cette affaire vont relancer les polémiques. Invité à réagir face aux violences conjugales avouées par Adrien Quatennens sur son épouse, Manuel Bompard a estimé qu'"une gifle n’est jamais acceptable, mais une gifle n’est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours".

L'élu des Bouches-du-Rhône avait pourtant débuté en assurant : "Je ne minimise pas les faits dont [Adrien Quatennens] est accusé, d’ailleurs lui-même les a reconnus et a dit qu’ils n’étaient pas acceptables". Mais il a ajouté qu'il essayait de "faire la part des choses. Une gifle n’est jamais acceptable, mais une gifle n’est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours". Dans une référence à l'ex-ministre et député Damien Abad, il a même poursuivi en assurant qu'"une gifle n’est pas égale à une personne accusée de viol après avoir drogué les personnes qui l’accusent".

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Manuel Bompard a donc plaidé pour faire preuve de "nuance" sur ces sujets, et estime qu'il est possible de graduer les faits de violence. Il revendique d'ailleurs d'avoir "toujours essayé" d'avoir de la nuance, en respectant "un certain nombre de principes : la proportionnalité, l'absence d'automaticité, le fait qu'on essaie de graduer les accusations et donc les sanctions et les mesures qui y correspondent". Les Insoumis n'ont pas souhaité qu'Adrien Quatennens démissionne de son mandat de député, il s'est simplement mis en retrait de son poste de coordinateur de La France insoumise.

Une gifle à sa conjointe est un délit."

Sandrine Rousseau

Sur LCI, la députée écologiste Sandrine Rousseau (voir vidéo en tête de l'article) a estimé que les propos de Manuel Bompard "minimisent les actes" d'Adrien Quatennens, et a rappelé qu'"une gifle à sa conjointe est un délit". "On dit toujours, dans les associations qui aident les femmes, dès le premier geste, la première gifle, vous devez partir. Ce n’est pas pour rien", a-t-elle ajouté. 

La ministre chargée de l'égalité femmes-hommes Isabelle Rome s'est indignée face à "des propos abjects qui banalisent la violence. Des propos qui abîment le combat contre les violences faites aux femmes. Des propos qui vous discréditent totalement sur ce sujet"

Bompard se défend

En début d'après-midi, Manuel Bompard a publié un communiqué pour répondre à cette "mauvaise polémique". "Je n’ai jamais dit, ni pensé, qu’une gifle n’était pas grave (…) Je rappelle seulement des principes fondamentaux en droit : proportionnalité de la peine. Par conséquent, une gifle ne sera pas sanctionnée aussi sévèrement que des coups répétés pendant des mois, voire des années. De même, une gifle n’est pas la même chose qu’un viol", écrit le député. Il prend également exemple sur les violentomètres créés par les associations féministes, indiquant qu’une gifle est une violence conjugale, mais qu'elle n'équivaut pas à un viol ou à une menace avec une arme. 

Il dit également "comprendre la colère des femmes dont la parole n’est jamais prise au sérieux ou qui voient en permanence les violences qu’elles subissent minimisées" et n’a "certainement pas l’intention d’y contribuer à [son] tour"


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