Violences faites aux femmes : Macron reconnaît "l'obligation de faire mieux"

J.F
Publié le 25 novembre 2022 à 12h42
JT Perso

Source : TF1 Info

Le président de la République est en déplacement à Dijon ce vendredi pour un déplacement sur le thème de la lutte contre les violences conjugales.
Le gouvernement se félicite de son action sur ce sujet depuis 2017, arguant notamment que 90% des mesures décidées à l'issue du Grenelle contre les violences conjugales sont appliquées.

"Ce ne sont pas des satisfecit, on a l'obligation de faire mieux, mais il y a une dynamique qui est engagée", indique l'Elysée à propos des violences faites aux femmes. Ce vendredi, le président de la République est en déplacement à Dijon sur le thème de la lutte contre les violences conjugales, à l'occasion de la journée contre les violences faites aux femmes. Il assistera à une formation avec des élèves gendarmes et échangera avec des magistrats et des victimes.

Emmanuel Macron s'attachera à souligner les progrès réalisés sur ce thème depuis que la lutte contre les violences faites aux femmes a été décrétée "grande cause" de ses deux quinquennats. Plus de 90% des mesures décidées à l'issue du Grenelle contre les violences conjugales, fin 2019, sont "complètement mises en oeuvre", se félicite-t-on à l'Élysée, où on cite la possibilité de recueillir les plaintes à l'hôpital ou dans un "tiers lieu", le financement de nouvelles structures d'accueil pour les femmes, ou la multiplication des dispositifs de prévention comme les "téléphones grave danger" (4367 ont été déployés à ce jour selon le ministère de l'égalité femmes-hommes) et les "bracelets anti-rapprochement" dont 919 sont actifs aujourd'hui.

Le chef de l'Etat devrait souligner le travail du ministère de l'Intérieur dans cette lutte, en travaillant sur un meilleur accueil des victimes et la formation de policiers et gendarmes dédiés aux violences intrafamiliales et sexistes et sexuelles.

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Une action qui laisse à désirer pour les associations

La Fédération nationale Solidarité femmes (FNSF), qui gère le numéro d'appel 3919, a fait état cette semaine d'une hausse de 14% des appels en 2021, par rapport à 2019. La ligne d'appel, ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 depuis la mi-2021, reçoit entre 10.000 et 12.000 appels mensuels. Près d'une appelante sur cinq indique avoir été menacée de mort, un taux qui a doublé depuis 2019, selon la FNSF.

Toutefois, l'action du gouvernement en la matière ne convainc pas les associations féministes. Samedi, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans toute la France pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice face aux violences sexistes, et réclamer une "loi cadre" contre l'"impunité" des agresseurs. Quelques militantes du mouvement #NousToutes ont à nouveau manifesté mercredi, en érigeant un mur symbolique de cartons devant l'ancien palais de justice de Paris, pour figurer l'ampleur des dossiers de violences "classés sans suite". Le gouvernement se livre à un "saupoudrage de mesurettes, mais il manque toujours un plan global contre les violences, avec un axe sur la prévention", selon Maëlle Noir, l'une des militantes de #NousToutes.

La Nupes et la FNSF continuent de réclamer un milliard d'euros de budget pour lutter contre les violences faites aux femmes. Dans son budget 2023, le gouvernement a indiqué que l'ensemble de ses crédits pour la lutte contre l'égalité femmes-hommes s'élevaient à 2,4 milliards d'euros, mais il est difficilement possible de savoir combien sont plus précisément alloués à la lutte contre les violences.


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