Le dérèglement climatique n'est pas sans conséquences sur ce que l'on mange.
Déjà 1200 de nos produits classés AOP, IGP et Label Rouge ont dû demander des adaptations.
Une équipe du 13H de TF1 a rencontré un éleveur en Vallée d'Abondance inquiet pour son exploitation.

Face au réchauffement climatique, les règles de production du fromage s'assouplissent. Pour respecter le cahier des charges, les vaches de cet éleveur situé à Larringes (Haute-Savoie) n'ont plus besoin de rester 150 jours par an en pleine chaleur. Faute d'herbes et d'eau, ce sera 120 jours minimum. L'hiver, par manque de fourrages secs, elles ne seront plus nourries avec 70% de foin local, mais à 30%. Un coup de pouce pour les 165 exploitations laitières. "Il n'y a pas que l'herbe qui souffre quand on a des problèmes climatiques, il y a aussi le troupeau. C'est des animaux qu'on aime, c'est donc compliqué psychologiquement pour l'éleveur qui se dit, quoique je fasse je n'y arrive pas", explique-t-il. 

Des tests avec de nouvelles variétés

Un terroir bousculé par la météo, ce n'est pas le seul dans ce cas. En 2022, 78 demandes de modifications temporaires ont été déposées. Cette année, pour les ostréiculteurs de Marennes Olérons, c'est devenu définitif : fini l'affinage en eau claire des huîtres durant l'été pour diminuer leur salinité. Dans les bassins, entre juin et août, la température de l'eau pouvait atteindre 27 °C. Les pertes étaient alors de 50%. Cette étape a désormais lieu le reste de l'année.

Le secteur viticole évolue aussi. Vingt-cinq AOC parmi les plus grandes testent, pendant dix ans, de nouvelles variétés de vignes plus résistantes à la sécheresse et aux maladies. "On a des variétés issus de Grèce, d'Espagne du Portugal, et d'autres pays. Et en AOC, on a aussi la possibilité d'intégrer 5% de cépage dit 'à des fins d'adaptation' et, après une période d'expérimentation, de pouvoir le valider dans le cahier des charges", précise Eric Paul, président du comité national des IGP (Institut national de l'origine et de la qualité). Ces adaptations au climat ne dégradent pas la nature des produits labellisés. Aucune appellation n'est, à ce jour, menacée.


La rédaction de TF1 | Reportage Ludonvic Romanens, Marine Chaize, Frédéric Marchand

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