Parmi les matières premières dont les industriels ont besoin, il y a des métaux comme le cuivre ou le zinc.
Le Limousin pourrait avoir dans ses sous-sols des réserves très utiles.
L’exploitation est encore à l’étude, mais elle s’annonce déjà prometteuse.

Ce n’est pour l’instant qu’un petit bout de campagne au fin fond de la Haute-Vienne : 3 km² où se cache peut-être l'un des gisements de métaux les plus prometteurs en France. Après avoir marché jusqu’à l’entrée de la forêt de Saint-Yrieix-la-Perche, il suffit ensuite de s’enfoncer de quelques mètres. Là, on trouve dans ces sols des métaux bien connus et d’autres beaucoup plus rares. "On a de la pyrite, donc c'est un sulfure de fer. On a aussi de la chalcopyrite, soit du sulfure de cuivre, de la galène, donc du sulfure de plomb et de la sphalérite, un sulfure de zinc. On pourrait espérer avoir plusieurs centaines de milliers de tonnes de cuivre et de zinc, c'est l'ordre de grandeur", détaille le géologue Thomas Poitrenaud dans le reportage de TF1 ci-dessus.

Tout un réseau de galeries souterraines

Au total, 18 métaux vont être recherchés. "Par exemple l'étain, le tungstène, le tantale. On a des possibilités au niveau régional, mais pour l'instant, on n'a pas encore démarré les recherches", explique le spécialiste. Ces estimations sont basées sur 2000 sondages historiques et plus d’un kilomètre d’archives papiers. Exploité pour son or à deux reprises au cours du siècle dernier, le sous-sol limousin possède encore tout un réseau de galeries souterraines jusqu’à 380 mètres de profondeur. "C'est ce qu'il y a en dessous de ces 200, 300 premiers mètres que nous, on regarde aujourd'hui. Et ça peut descendre à plusieurs kilomètres", poursuit-il.

Dans cette partie du Limousin, la prospection concerne aujourd’hui trois anciennes mines, espacées de quelques kilomètres. L’enjeu est stratégique pour moins dépendre des grands pays miniers, car le recyclage à lui seul ne peut pas répondre à tous les besoins. "Pour obtenir le cuivre nécessaire à la construction d'une voiture électrique, il faut recycler entre deux et trois voitures thermiques. Mais si on a toujours autant de voitures, vous voyez qu'il faut produire du cuivre", assure Yves Guise, président de la Compagnie des mines arédiennes (CMA). 

Des métaux qui ont investi notre quotidien : prothèses avec du titane ou téléphones portables, on en trouve partout. Ainsi, sur un smartphone, il y a du "cuivre, de l'or, du nickel". "Vous en avez une trentaine. Sur tous les métaux concentrés, vous devez avoir quatre grammes, il me semble. La valeur est inférieure à 1,20 euro. Mais imaginez qu'en France, vous avez 66 millions de téléphones", détaille Guillaume Blain, gérant de la clinique du portable à Limoges.

Des habitants méfiants

Une ruée vers les métaux dont certains habitants, installés près des filons, ne veulent pas subir les conséquences. À l'image des bassins de décantation d'une ancienne mine d'or, encore polluée à l'arsenic vingt ans après sa fermeture, ils redoutent les mêmes nuisances. "Du bruit, des camions, de la poussière, des explosions, de la pollution", égrène Mathieu Legrand, membre de l'association Stop Mines 87 et 24. "Une mine, c'est une très grosse consommatrice d'eau. Cette eau, elle est d'abord à l'usage de l'agriculture, à l'usage des habitants, et puis, forcément, de la nature qui nous environne", déplore de son côté Myriam Gantier, une autre membre de cette association.

Si les opposants craignent également pour le tourisme et l'arrivée de nouveaux habitants, le maire de Saint-Yrieix-la-Perche, à quelques kilomètres, y voit plutôt une chance pour l'emploi en cas d'exploitation et de transformation sur place, grâce à des techniques moins polluantes. "La façon d'extraire sans doute, qui seraient probablement des galeries souterraines et non pas en carrière. Mais aussi la méthode de traitement. On n'a pas de pétrole, mais on roule sur l'or", admet Daniel Boisserie.

Les premiers forages pour identifier les métaux présents dans les sols commenceront à la fin de l’année. D'autres pourraient suivre ailleurs en France. Pour aller plus vite, le gouvernement vient de diviser par deux les délais d'instruction pour les permis de recherche.


V. F Reportage : Carlo Parédès et Thomas Rolnik

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