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"On ne va pas tenir" : l'inquiétude des pêcheurs normands après l'interdiction de la pêche au maquereau

TF1 | Reportage Anaïs Lebranchu, Xavier Thoby
Publié le 10 juin 2022 à 18h30
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Les propriétaires de bateaux de pêche artisanale à Dieppe (Seine-Maritime) n'ont plus le droit d'aller pêcher le maquereau.
La raison : ils ont déjà épuisé leur quota.
Une réunion doit avoir lieu pour trouver une solution.

C'est un poisson qu'ils peuvent normalement pêcher jusqu'à l'automne dans la zone de l'Atlantique Nord. Mais cette année, les professionnels normands ont dû stopper leur activité bien plus tôt que prévu. Début juin, l'Organisation des pêcheurs normands (OPN) a suspendu la pêche au maquereau pour les bateaux non adhérents à une organisation de producteurs, c'est-à-dire de pêche artisanale. 

Un véritable manque à gagner pour les pêcheurs de Dieppe interrogés dans notre reportage du 13H en tête de cet article. Depuis le 1er juin, Cyril rentre ainsi presque bredouille de la pêche. "Normalement on serait rentrés avec 500/600 kilos de maquereaux, mais là on les laisse flotter", déplore-t-il alors qu'il n'a eu qu'un mois et demi pour pêcher ce poisson avant que les quotas ne soient atteints. Il va ainsi perdre 70% de son chiffre d'affaires de l'été. 

"On n'a pas de solutions"

Au total, une trentaine de bateaux de pêche artisanale normands sont concernés par cette interdiction. Selon le Comité Régional des Pêches, les quotas de maquereaux pour les bateaux non affiliés à une organisation de producteurs ont en effet été réduits de 36%. Soit 46 tonnes pour 18 navires. 

Une mesure qui impacte les marchés aux poissons. Sur celui de Dieppe, les étals sont vides. Du jamais-vu pour les clients. "C'est dommage parce que là, on a un marché au poisson qui est superbe, qui est bien achalandé et qui est très fréquenté", s'étonne l'un d'eux dans notre reportage. 

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Une situation qui impacte aussi les commerçants. Loëticia réalise 90% de son chiffre d'affaires grâce au maquereau vendu durant six mois. "S'il n'y a pas de négociation, s'il n'y a pas de réouverture (des quotas, ndlr), on ne va pas tenir. Il n'y a pas de solutions pour nous", alerte-t-elle. Une réunion avec les professionnels concernés et le Comité des pêches régionales sera organisée dans les prochains jours.


TF1 | Reportage Anaïs Lebranchu, Xavier Thoby

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