REPORTAGE - L'ours et sa cohabitation avec les troupeaux est un sujet très sensible dans les Pyrénées. Une enveloppe vient d'être débloquée pour aider les éleveurs à protéger leurs bêtes, une mesure insatisfaisante selon eux.

Le volet en bois porte encore les traces de griffes. Cette nuit-là, l'ours est entré dans la bergerie. Quand elle en parle, Françoise Salle-Canne, éleveuse, en frissonne encore. "Il faut se représenter que c'est une bête qui fait entre 250 et 300 kilos, à la sortie de l'hibernation", précise-t-elle. L'animal a attaqué pendant la nuit, en passant toutes les habitations. Une empreinte de ses pas a été relevée sur le territoire. Dans la grange, il a tué une brebis.

Trois jours plus tôt, le même ours avait déjà attaqué un autre troupeau dans la vallée voisine. Cette fois, les brebis étaient dehors. L'une d'entre elles a été tuée. Depuis, l'éleveur passe des nuits blanches. En à peine deux semaines, l'ours s'en est pris à trois élevages et un rucher dans le même secteur.

Cela a déclenché l'enveloppe de 3,6 millions d'euros afin de sécuriser les troupeaux. Formation de bergers, construction de bâtiments et d'enclos plus sûrs... Des mesures inadaptées, selon Françoise. On dénombre aujourd'hui 64 ours dans les Pyrénées. À quelques jours des premières transhumances, les éleveurs redoutent ce nouvel été en montagne.


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