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"Ceci n'est pas un bar" : l'action symbolique d'un commerçant contre les restrictions sanitaires

LT
Publié le 11 février 2021 à 16h20, mis à jour le 15 février 2021 à 15h20
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

LIEN SOCIAL – A Bourgueil, dans l’Indre-et-Loire, Guillaume Lapaque, président des commerçants de la ville, a ouvert un lieu de convivialité pour que les gens puissent se retrouver autour d’un café ou d’une bière. Le tout, selon lui, en restant dans les limites de la légalité.

C'est un acte de résistance symbolique pour protester contre la fermeture des bars. A Bourgueil, Guillaume Lapaque, président des commerçants et patron d'une cave à vin dans cette commune d'environ 4.000 habitants, a ouvert un lieu de convivialité pour que chacun puisse se retrouver autour d’une bière ou d'un café, servis gratuitement. Sur la porte, on retrouve l’image de la pipe de René Magritte avec, inscrit au-dessus, "Ceci n’est pas un bar". L'affichette assure que, s'il la contourne,  le procédé reste dans les clous de la légalité. "Contrairement aux apparences, cet endroit est une propriété privée. J’y accueille librement et gratuitement mes amis, les amis de mes amis, les amis des amis de mes amis…", y explique Guillaume Lapaque, le lieu étant un local commercial vacant qui lui appartient.

Pour lui, il est urgent de rétablir le lien social dans les villages en rouvrant notamment les cafés. "En hiver, ce sont simplement les quelques locaux qui prennent cinq minutes pour se saluer, prendre un café, une bière, se dire bonjour. Ils ne se contaminent pas plus que si on laisse des fêtes se dérouler chez les gens", souligne-t-il auprès de TF1 dans le reportage en tête de cet article. "Il faut trouver un point d’équilibre entre ces mesures de lutte contre l’épidémie qui sont indispensables et le lien social qui lui aussi est indispensable", fait-il valoir. 

Pendant quelques heures ce matin-là, une poignée d’habitants retrouve un peu l’ambiance des cafés. "C’est sûr que c’est quelque chose qui manque. Il y a des gens qu’on ne voit plus alors qu’on les voyait régulièrement et maintenant on ne voit que nos proches et ça manque de voir tout le monde", témoigne un "client". Devant l’enseigne, des passants se montrent plus réticents : "Ça me manque, c’est sûr, mais il faut faire attention parce que moi en ce moment, j’ai plein de gens autour de moi qui ont le virus..."  

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À Bourgueil, les vrais bars-restaurants restent bien sûr fermés. Même les jours de marché, le quotidien a changé. "Les gens sont dans la souffrance à l’heure actuelle. On perd tout contact, c’est catastrophique," dit un passant. 

Guillaume Lapaque, qui n'ouvre que ponctuellement son espace de convivialité, aimerait justement le faire les jours de marché pour redonner un peu de sourire aux habitants. 


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