Le 20h

Devenir co-châtelain pour 59 euros, ça vous tente ?

Léa Tintillier | Reportage Matthieu Dupont, Christophe Nieulac, Emmanuelle Coppo
Publié le 19 avril 2022 à 11h22
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Ça vous dirait de devenir copropriétaire d'un château ?
Celui de Boulogne la Grasse, dans l’Oise, est proposé à l'achat collectif sur Internet.
Vous pouvez devenir co-châtelain à partir de 59 euros.

Vous avez toujours rêvé d’avoir un château ? Celui de Boulogne la Grasse, dans l’Oise, à une heure de Paris, est à vendre au prix de 500.000 euros. Il a été construit à la fin du XIXᵉ siècle. Mais attention, des travaux sont à prévoir. Jean-Pierre Passot est le gardien des lieux depuis plus de dix ans. Personne mieux que lui ne connaît les richesses de ce patrimoine. "C’est en ruine mais partout, il y a des petits trésors comme là, cette scène de chasse qui est en pierre avec un renard qui est pris dans le piège", montre-t-il sur une fresque au sol, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. 

À l’intérieur, tout n’est pas en ruine. Bombardé pendant la première Guerre mondiale, ce château a aussi une histoire. "C’était le quartier général de l’armée française", explique Jean-Pierre. "Joffre est venu ici. Le président Poincaré ainsi que le roi des Belges ont emprunté cet escalier", poursuit-il. 

Le château a tout pour séduire les amoureux d’Histoire et de vieilles pierres. Alors, pour sauver ce patrimoine, Romain Delaume, un jeune entrepreneur, a eu une idée : l’achat collectif sur Internet, ou comment devenir co-châtelain à partir de 59 euros. Sur sa plateforme, nommée Dartagnans, plus de 5000 actionnaires de 54 pays ont répondu présents en quelques mois à peine. "Ce n’est plus possible aujourd’hui pour l’État ou pour un particulier d’entretenir seul un monument d’une telle grandeur et d’une telle splendeur", affirme-t-il. "Aujourd’hui, l’achat collectif de château, c’est une des solutions les plus innovantes pour sauver des monuments"

Des entrées gratuites à vie

Grâce à Internet, des personnes du monde entier se sont mobilisées. Mais d’autres, comme Gilles, sont venus en voisins de Picardie. "Je prends des photos de ma maison, de mon château", sourit-il. Avec son épouse, ils ont investi 8.500 euros avec la même motivation. "C’est forcément la sauvegarde du patrimoine. Je me dis qu’on ne peut pas laisser ça sans que le public le découvre. Il faut absolument le sauver, lui donner son âme", assure-t-il. 

En contrepartie de votre investissement de 59 euros, vous devenez donc co-châtelain et actionnaire détenteur d’une part de la SAS Châteaux Merveilles. Vous avez aussi le droit à des entrées gratuites à vie pour les visites libres. Vous pouvez participer aux chantiers de bénévoles et avez accès à la communauté privée des co-châtelains. Vous pouvez également participer aux Assemblées Générales et disposez d’un vote pour prendre des décisions concernant l’avenir du château. Et vous bénéficiez d’une défiscalisation de 25% de votre investissement (pour les résidents français). 

"Aucune obligation de financer"

La start-up en est à son quatrième château sauvé depuis 2018. Le plus spectaculaire reste celui de la Mothe-Chandeniers en Touraine. Plus de 20.000 co-châtelains ont racheté ce petit bijou. Le jour du reportage de TF1, une trentaine de bénévoles sont arrivés de toute la France. Ils sont venus participer au chantier participatif et réalisent des petits travaux pour l’ouverture du parc au public. Le but n’est pas de reconstruire tout le château, mais simplement de l’entretenir et de faire revivre le lieu dévoré par la nature. 

Clarisse vient de Clermont-Ferrand une fois par mois. Elle ne rate aucun de ces rendez-vous. Nettoyer, sécuriser, créer des parcours de visite… La tâche est immense et elle coûte cher. La construction d’une salle de mariage avec vue sur le château permet d’engranger quelques revenus. Mais déjà, un nouvel appel aux dons est lancé aux co-châtelains, sans aucune obligation, précise Clarisse. "On le fait si on a envie de le faire. On participe à hauteur de ce qu’on veut. Il n’y a aucune obligation pour financer", assure-t-elle. Dans la grande famille des bénévoles sauveurs de châteaux, c’est toujours la convivialité qui prime. 


Léa Tintillier | Reportage Matthieu Dupont, Christophe Nieulac, Emmanuelle Coppo

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