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VIDÉO - "On ne va pas changer la recette" : la colère des producteurs de Maroilles face au Nutri-Score

TF1 | Reportage V. Lamhaut, P. Humez
Publié le 27 décembre 2021 à 16h28
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

ALIMENTATION - Le Nutri-Score, qui indique la qualité nutritionnelle des produits, pourrait s'appliquer à partir de 2022 à des fromages comme le Maroilles. Les producteurs font valoir plusieurs arguments pour contester la mauvaise note qui se profile.

En achetant votre fromage, vous ne trouvez aujourd'hui aucune lettre sur l'emballage. Pas de Nutri-Score, ce classement qui donne depuis cinq ans des indications sur la qualité nutritionnelle des aliments en leur attribuant une note allant des lettres A à E. Mais dès l'année prochaine, ce système pourrait s'imposer au Maroilles, de la même manière qu'au Roquefort ou au Rocamadour.

Et le Maroilles, avec ses 45% de matières grasses, pourrait obtenir la lettre D, à partir de laquelle il est interdit de faire de la publicité. Une perspective qui fait craindre aux vendeurs des pertes au sein de leur jeune clientèle. "Je pense que c'est eux qui regardent le plus les étiquetages, s'inquiète Jason Albois, producteur et vendeur de formages, dans le reportage du JT de TF1 en tête de cet article. Les anciens ont l'habitude de consommer des fromages et ne vont pas chercher à comprendre à quoi correspond le logo".

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Aurélie Halleux, productrice de Maroilles à Haution, dans l'Aisne, se révolte elle aussi contre la mesure. Du lait, des ferments, impossible de modifier la composition du Maroilles pour obtenir une meilleure note. "On n'a pas le droit. En AOC, on a un cahier des charges qui est très sctrict, et c'est une méthode ancestrale, donc on ne peut pas changer la recette", fait-elle valoir. 

Autre point de contestation : le calcul de la note. Celle-ci est attribuée en fonction d'une quantité bien précise, supérieure à ce que l'on consomme habituellement. "C'est calculé sur une portion de 100 grammes, mais "quand on mange un morceau de fromage, on ne mange pas 100 grammes", souligne la fromagère Laëtitia Ducrot. Les producteurs, qui défendent pourtant une recette simple, avec des ingrédients naturels, craignent d'être fortemement pénalisés si l'Union européenne leur impose cette note défavorable pour leur image.


TF1 | Reportage V. Lamhaut, P. Humez

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