À Saint-Nazaire, les embouts en caoutchouc sont désormais obligatoires sur les bâtons de randonnée.
Six autres communes ont adopté cette mesure, mais cela ne ravit pas les randonneurs.

Les randonneurs ne peuvent plus s'en passer : le bâton de marche est devenu un incontournable sur les sentiers. Mais les adeptes de marche nordique vont devoir s’en passer. Car le problème, c'est qu'il détériore les sols en faisant des trous et écrase la végétation. "Quand il y a une dizaine de randonneurs qui passe, ça va, mais quand il en passe 200 par jour, cela devient un problème", souligne l'un d'eux dans le reportage TF1 ci-dessus.

Face à l'érosion des sols, le maire de Saint-Nazaire, David Samzun (PS), a décidé d'imposer des protections sur les bâtons. "Ce n'est pas bon pour la biodiversité, on a une difficulté avec l'érosion maritime, le ruissellement de l'eau de pluie. Je demande à toutes et tous de faire un effort de considération et de respect de cet environnement." La cité portuaire est traversée par le GR 34, appelé "sentier des douaniers", qui suit les côtes bretonnes sur 2000 km. Depuis deux mois, les randonneurs ont donc l'obligation d'équiper leur bâton d'un capuchon en caoutchouc. 

Six communes françaises ont adopté cette mesure, comme Belle-Île-en-Mer, où se trouve le GR 340 élu sentier de randonnée préféré des Français. En 2010, les élus de Perros-Guirec avaient été les premiers à alerter sur le phénomène. D'autres envisagent de suivre le pas dès l'été prochain.

Reste à convaincre les randonneurs

Dans un magasin spécialisé, la demande d'embouts a augmenté de 50% en un an. "Depuis le 29 juin (jour de la mise en place de la mesure, ndlr), on a vendu un peu plus d'embouts que de bâtons de randonnée. Donc ça veut dire que finalement, on n'a pas vendu de bâton sans embouts et ça, c'est une bonne chose", souligne la vendeuse Marine Steunou.

De nombreux randonneurs ne comprennent toutefois pas cette mesure. "Honnêtement, ce n'est pas ça qui détériore les chemins", lance un randonneur mécontent au maire. 400.000 personnes fréquentent chaque année ce chemin de randonnée, résultat des millions de marques sur les sentiers. Grâce à ces protections, les sols sont protégés. "J'avoue que je n'avais pas pris conscience du problème, je préfère marcher quand même dans des chemins où on peut enlever des embouts parce que ça dérape moins", évoque l’un d’eux. Sur son site internet, la Fédération française de randonnée promeut, elle aussi, l’utilisation d’embout en caoutchouc pour les sentiers fragilisés. 


La rédaction de TF1info | Reportage vidéo Julien Roux, Abdelmalek Benaouina, Augustin François-Poncet

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