À Marseille, les habitants du quartier de l'Estaque n'en peuvent plus.
Ils ont, tout près de leurs maisons, un grand chantier naval qui travaille 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.
Les ouvriers disent être obligés de maintenir cette cadence.

Du bruit et des odeurs. Entre autres. Il y a un mois, l’adjoint au maire de Marseille Sébastien Jibrayel a adressé un courrier au préfet de région pour dénoncer "les nuisances sonores excessives, les émissions de fumées nocives et la pollution générée par les activités de la Forme 10", petit nom de la troisième plus grande cale de réparation navale au monde, située au nord du port de la cité phocéenne, dans le quartier de l’Estaque. Ce jeudi 16 mai, plusieurs de ses habitants ont manifesté leur mécontentement à ce sujet, se heurtant… à une contre-manifestation des ouvriers dudit chantier, désireux de défendre leur activité. Une confrontation particulièrement tendue, comme le montre le reportage du JT de 13H de TF1 en tête de cet article.

"Même avec du double vitrage, j’entends tout ! C’est normal qu’on soit fatigués", témoigne un de ces riverains excédés. "Notre quartier n’est pas la poubelle de Marseille", abonde un autre. En cause : l’activité incessante de cet immense bassin accueillant navires offshores, méthaniers et paquebots. Actuellement, un bateau de croisière de 300 mètres de long est amarré juste sous les fenêtres de Brigitte et Daniel Vitali, qui vivent ici depuis près de 40 ans. "On ne peut même plus profiter de notre terrasse. Le chantier naval tourne en continu. En plus du bruit des moteurs, c’est éclairé comme Versailles pendant la nuit", peste le retraité.

De fait, voilà effectivement plusieurs mois que le chantier tourne 24 heures sur 24. Une vidéo prise par une habitante témoigne des pollutions lumineuses et sonores qui sévissent au beau milieu de la nuit. "C’est vraiment devenu invivable parce que c’est non stop, jour et nuit, y compris les jours fériés", enfonce Brigitte Vitali. Marie Prost-Coletta, une autre riveraine, passe, elle, un coup d’éponge sur le rebord extérieur de ses fenêtres, comme "chaque matin", puis montre le côté entièrement noirci à notre caméra : "Vous voyez, ce qu’il y a dans nos poumons ?"

Mais alors, serait-il possible de ne plus accueillir ici ces bateaux aux dimensions titanesques ? "Si on n’a plus la Forme 10, on perd 30 à 40% de notre activité, répond à TF1 Jacques Hardelay, président d’honneur d’un chantier naval employant 200 personnes et générant près de 80 millions d’euros de chiffres d’affaires. Maintenant, on a pris des engagements, qu’on va respecter. Notamment celui de réduire les activités bruyantes la nuit." Dès le mois prochain, un arrêté préfectoral devrait en effet interdire toutes les nuisances sonores en semaine entre 20h et 7h du matin.


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Emmanuelle Binet, Philippe Fontalba

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