Des bâtiments insolites par leur forme intriguent.
Il s'agit en fait de châteaux d'eau.
Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ils ne sont pas toujours remplis du précieux liquide : certains sont habités.

À première vue, c’est un hall d’immeuble comme les autres. Mais en y regardant de plus près, une plaque signale un réservoir de 1000 m³ d’eau. Dans l’ascenseur, il manque quelques numéros d’étages. Et dans son appartement au 3ᵉ, un heureux locataire, Dominique Aubry, se réjouit de pouvoir bénéficier d'une "vue exceptionnelle" : "J'ai vu sur Nancy et sa banlieue jusqu'à quasiment 10 kilomètres", lance-t-il.

Dix-huit familles vivent dans ce château d’eau de Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), qui n’est plus en activité. Des dizaines de fenêtres ont été créées, et les appartements ont tous une forme très arrondie, pas facile à meubler. "Les meubles arrondis, on ne les trouve pas chez les grands marchands", poursuit-il dans un éclat de rires. 

Le système des châteaux d'eau consistent à avoir de l'eau en altitude pour garder une pression du réseau.
Jean-Luc André, architecte

Plus on monte, plus le château est étroit. Résultat : les murs penchent vers l'intérieur, impossible donc de plaquer les tableaux et l'impression peut surprendre. "Les invités qui viennent pour la première fois disent qu'ils ont un peu le vertige mais après on s'habitue", promet dans la vidéo du 13 H de TF1, une jeune locataire.  

Construit en 1908, puis abandonné 50 ans plus tard, le château est réhabilité dans les années 80. D’autres châteaux d'eau n’ont pas ce confort. À Valence (Drôme), seul un immense escalier mène au sommet, à 55 mètres du sol. C’est ici que l’eau pompée dans les nappes phréatiques est stockée. "Le système des châteaux d'eau consistent à avoir de l'eau en altitude pour garder une pression du réseau, c'est pour cette raison que l'eau est stockée sur les 10 derniers mètres de chaque ouvrage et le reste, c'est que du vide", explique Jean-Luc André, architecte.  

Vides sur quasiment toute leur hauteur, deux tours composent ce château d’eau toujours en activité. Ensemble, elles forment une œuvre d’art imaginée par le sculpteur grec Philolaos. "Sous cet angle, on dirait que les deux tours s'embrassent", remarque un ancien jardinier à l'époque de la construction de ces deux édifices à la fin des années 60. En même temps qu'un château d'eau, elles forment aussi une œuvre d'art. "C'est vraiment une sculpture monumentale", poursuit-il.

Un autre château est l'emblème de toute une ville en Normandie. Comme une célébrité, il apparaît dans les magazines et même sur les maillots de foot de l'équipe locale. Son importance est telle, que c'est le maire en personne qui se charge des visites du lieu. "On entend l'eau qui coule, on est dans une ambiance presque de sous-marin", s'émerveille Rodolphe Thomas, maire (MoDEm) d'Hérouville. 

À l'extérieur, ce sont les anneaux métalliques qui ont rendu ce château reconnaissable. "C'est un emblème parce qu'on le voit de partout, poursuit l'élu. Que l'on soit sur les plaines de Caen, du centre-ville ou sur le littoral des plages du débarquement,  on le voit. Et quand les gens se perdent, ils disent : dirigez-vous vers le château d'eau." Construites il y a 60 ans, ces trois cuves du château alimentent encore la ville aujourd'hui. Monument historique, ce château d'eau doit être restauré d'ici à trois ans.


La rédaction de TF1 | Reportage Nathalie Pellerin, David Paturel

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