Le manque de personnel dans l'hôtellerie et la restauration est toujours aussi criant, au point que des établissements sont contraints de rester fermés.
Pour cet été, le secteur cherche encore 200.000 saisonniers.
En Normandie, on s'inquiète à l'approche des commémorations du Débarquement et leur afflux de touristes.

À l'heure du coup de feu, il manque des bras en cuisine dans ce restaurant d'Arromanches-les-Bains (Calvados). La brigade de la "Brasserie du 6 juin" a donc appris à se démultiplier. En salle, l’équipe donne le change alors que pour assurer un bon service, il faudrait trois personnes supplémentaires. "On ne s'en rend pas forcément compte, ça se passe très bien, c'était très rapide", assure une cliente dans le reportage de TF1 ci-dessus. 

Ici, les étudiants ne postulent plus malgré une amélioration des conditions de travail. "On propose des salaires qui sont plus attrayants qu'avant, et malheureusement, on n'arrive toujours à trouver personne", soupire Loïc Bodin, le responsable de salle. À chaque fois, la même raison est invoquée : travailler le week-end, les horaires décalés... 

La salle à l'étage a donc dû être condamnée. Et juste en face, le second restaurant de cette entreprise familiale reste fermé. Une perte de 500.000 euros de chiffre d'affaires. "Je suis peu contrarié de tout ça, mais c'est comme ça", euphémise le propriétaire des lieux, Régis Jeanne. Un problème d'autant plus préoccupant que les commémorations du 80ᵉ anniversaire du Débarquement en Normandie approchent, avec leur afflux de touristes. 

Certains patrons pensaient avoir trouvé la solution...

"C'est plus compliqué que les autres années, mais il faut rester optimiste", positive Vincent Rozé, président du groupement des hôtelleries et restaurations Normandie Sud. Dans l'ensemble de la région, huit hôteliers-restaurateurs sur dix sont confrontés à des difficultés de recrutement. Il faut dire qu'à l'approche de la saison estivale, les propriétaires de logement préfèrent louer plus cher aux vacanciers sur les plateformes, plutôt qu'aux travailleurs saisonniers. Si l'un d'eux  "vient travailler et que l'ensemble de son salaire sert à payer le logement, c'est la problématique", résume Vincent Rozé.

Pour répondre à cette difficulté, certains patrons pensaient avoir trouvé la solution. Cogérant de "l'Hôtel du Casino" à Vierville-sur-Mer, toujours dans le Calvados, Matthieu Le Guillois loue pour ses candidats un hébergement à proximité immédiate de leur lieu de travail. Il avait pensé à tout, même à un jardin fleuri, "pour que ce soit accueillant, pour que les jours off ils puissent se détendre, faire un barbecue". Mais même avec la promesse d'être logé, nourri, blanchi, cela ne suffit toujours pas. Sur les quatre personnes que cet hôtelier a recrutées depuis la mi-décembre, aucune n'a donné de nouvelles. "On a reçu ces contrats de travail signés par ces mêmes personnes, et aujourd'hui que nous sommes ouverts depuis maintenant trois semaines, on les attend encore", explique-t-il. 

TF1

Rien que dans le Calvados, 3500 postes restent à pourvoir dans les hôtels et restaurants pour cet été.


La rédaction de TF1info | Reportage Marius Renaudet, Erinna Fourny

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