"Je me sens abandonnée" : la détresse des sinistrés de Charente-Maritime toujours en mobil-home huit mois après le séisme

par La rédaction de TF1info | Reportage Grégoire Guist'hau, Chris Arfel
Publié le 21 février 2024 à 11h50

Source : JT 20h Semaine

Le 16 juin dernier, le nord de la Charente-Maritime était touché par un puissant séisme.
Près de 5 000 logements et commerces avaient alors été endommagés, des maisons entièrement détruites.
Huit mois plus tard, le désarroi reste total chez les sinistrés toujours pas relogés que TF1 a rencontrés.

Pour Sylvie et Daniel, sinistrés de Cram-Chaban (Charente-Maritime), où de nombreuses habitations ont été touchées par le séisme du 16 juin dernier, la visite de leur petit-fils pour les vacances est un rayon de soleil au cœur d'un hiver qui n'en finit pas. Depuis le tremblement de terre, une dizaine de familles vit comme eux dans un camping improvisé. "Ça va, on a une pompe à chaleur dedans, mais il ne fait pas chaud dans les mobil-homes, confie Sylvie. C'est surtout pour l'été les mobil-homes... Je fais mine d'avoir le moral devant les gens, mais je n'ai pas le moral du tout, je me sens abandonnée". "Je trouve que c'est très, très long, enchaîne Daniel. Et puis il faut se battre, se fâcher, se mettre en colère pour que les choses avancent. C'est épuisant". 

Huit mois après le séisme, dans le village de Cram-Chaban, les dégâts sont encore bien visibles. La plupart des maisons sont consolidées par des étais. Celle d'Isabelle et Michel, autres sinistrés, devra être entièrement rasée. Trente-cinq ans de souvenirs familiaux détruits en l'espace de quelques secondes. "C'est atroce de revenir ici. On a le moral berne. Qu'est-ce que ça va devenir ?", s'interroge Isabelle.  Selon Michel, d'après les premiers éléments qu'ils ont reçus, il y aurait à peu près pour 900.000 euros de travaux hors taxes.

Il faudra 4 à 5 ans pour tout reconstruire

Les assureurs finiront par payer, mais les pluies de ces derniers mois, fragilisent les murs de pierre des maisons les plus anciennes. Alors, Laurent Renaud, maire de la petite commune, veille sur ses administrés. "J'en ai déjà sauvé une corde autour du cou, raconte-t-il. C'était peut-être le geste, dans la parole et dans la colère, mais ce n'est pas anodin, si on fait un geste comme ça, c'est qu'on est vraiment dans le désarroi. Les gens continuent à payer leur maison où ils ne peuvent pas habiter, vous voyez la situation actuelle...

Difficile aussi de trouver des artisans qualifiés. Les sinistrés du séisme de Charente-Maritime devront donc être patients. Les spécialistes estiment qu'il faudra quatre à cinq ans pour tout reconstruire.


La rédaction de TF1info | Reportage Grégoire Guist'hau, Chris Arfel

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