À Nancy (Meurthe-et-Moselle), après six mois d'essai, la vidéoverbalisation a été généralisé à toute la ville.
Au total, 17 infractions routières peuvent désormais être sanctionnées grâce aux caméras installées dans les rues.
De quoi faire grincer les dents de nombreux habitants, comme l'a constatée une équipe de TF1.

Cet automobiliste garé sur une place livraison depuis plus de 30 minutes va être verbalisé à distance. Il recevra donc son amende de 35 euros chez lui. C'est le principe de la vidéoverbalisation. Elle vient d'être étendue à toute la ville de Nancy (Meurthe-et-Moselle), après six mois d'expérimentation. L'opération a été plus ou moins appréciée par les habitants de la ville. 

"On n'arrête pas le progrès pour piquer du fric, déplore une retraitée au volant. Il n'y a plus de contact, on ne peut plus discuter, rien du tout !" "Si ça peut permettre à tout le monde de mieux vivre ensemble, eh bien pourquoi pas !", nuance pour sa part un cycliste. Les commerçants, eux, font grise mine. Opticienne, Corinne Trotat juge la mesure "contre-productive". "Ça devient très compliqué d'accéder au centre-ville, même en dépôt-minute", regrette-t-elle.

Des artisans qui préfèrent payer l'amende pour se garer

Dans la ville, il n'est pas toujours facile de se partager l'espace public. Dans une des rues de l'agglomération, un chauffeur routier est obligé de rester en double file pour livrer, un fourgon étant stationné illicitement sur une place de livraison. Le propriétaire du véhicule en question sait pourtant qu'avec la vidéoverbalisation, il s'expose à 35 euros d'amende. "Je suis plombier, il faut bien que je me gare quelque part, se justifie-t-il dans le reportage du 13H à retrouver en tête de cet article. Dans la mesure où il n'y a plus de place pour se garer, soit je me mets sur le trottoir, soit je me gare sur une place livraison. Donc on paie, et on travaille."

En tout, 17 infractions peuvent être vidéoverbalisées, comme un mauvais stationnement, mais aussi l'usage du téléphone au volant ou le non-port de la ceinture de sécurité à bord. Pour Mathieu Klein, le maire (PS) de Nancy, le but n'est pas d'adresser davantage de procès-verbaux, mais plutôt de libérer du personnel pour d'autres missions. "Je préfère avoir des policiers municipaux au contact dans les quartiers des habitants, des commerçants, des entreprises, des écoles pour faire un travail d'îlotage ; et utiliser la technologie pour verbaliser les infractions", justifie l'édile. 

Les images sont conservées un an, car les recours sont de plus en plus nombreux lorsque les automobilistes découvrent les infractions relevées. "Lé législateur a permis aux administrations d'étendre par décret la liste des infractions pouvant être vidéoverbalisées, décrypte Mᵉ Cindy Samama, avocate spécialiste en droit routier. Aujourd'hui, en quelques heures, une personne peut perdre son permis, ça va très vite." En sept mois et demi à Nancy, près de 600 vidéoverbalisations ont déjà été relevées.


T.A. | Reportage TF1 Vincent DIETSCH et Vincent RUCKLY

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