Le 13H

VIDÉO - Bas-Rhin : 60 millions d'euros de travaux... et toujours pas de route

par V. F Reportage TF1 Jacques Rieg Boivin et Eric Schings
Publié le 5 juin 2023 à 16h02, mis à jour le 5 juin 2023 à 16h56
JT Perso
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Source : JT 13h Semaine

Le tribunal administratif de Strasbourg a annulé l'autorisation accordée par la préfecture du Bas-Rhin pour la construction d'une route.
Le problème, c'est que 60 millions d'euros ont déjà été dépensés et que le chantier était presque terminé.
Ce qui provoque la colère des habitants.

Ils marchent tous contre une décision de justice jugée absurde. Un millier de personnes se sont retrouvées ce samedi 3 juin sur un chantier à l'arrêt, bloqué par le tribunal administratif de Strasbourg. Tout s'est arrêté le 12 mai dernier, après trois ans de travaux. La préfecture avait autorisé, en 2019, la construction d'une route de cinq kilomètres pour contourner la commune de Châtenois, pour un budget de 60 millions d'euros. La Collectivité européenne d'Alsace (CEA - issue de la fusion des Conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin) assurait la maîtrise d'ouvrage du chantier.

Et à quelques mois seulement de son inauguration, le projet est à l'arrêt avec une facture qui grimpe. Les riverains déplorent le surcoût des pénalités de retard. "250.000 euros hors taxes, par mois d'arrêt, multipliés par combien de mois ?", s'interroge un manifestant dans la vidéo du 13H de TF1 en tête de cet article. Quand un autre pointe le gaspillage d'argent public. "J'ai l'impression qu'on a plein d'argent à jeter par la fenêtre", lance-t-il. 

"Plusieurs vices"

Le tribunal administratif de Strasbourg oblige l'État à revoir sa copie, alors que la déclaration d'utilité publique avait pourtant été validée. "On est à 90% de sa réalisation, il ne reste plus qu'à mettre les enrobés et les murs anti-bruits. Qu'on mette un coup d'arrêt à un projet de ce type-là, attendu par nos concitoyens, ce n'est pas acceptable", dénonce Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d'Alsace. Il faut dire que ce contournement est nécessaire, puisque 20.000 véhicules traversent Châtenois chaque jour. Pour les riverains, il faudra encore attendre. "C'est un bruit continu", reconnaît une habitante. "Tous les jours et ça fait plus de vingt ans", renchérit son voisin. 

C'est une association de défense de l'environnement, "Alsace Nature", qui a déposé deux recours, en 2020. Ils ont finalement abouti. Dans leur jugement, les magistrats relèvent "plusieurs vices" dans l'autorisation accordée. Ils soulignent que sept hectares de zones humides sont détruits par le projet, et que la préfecture et la CEA "n'ont pas justifié" de compensations suffisantes. Ils pointent également l'absence de raison "d'intérêt public majeur" qui justifierait de porter atteinte aux "29 espèces protégées" (mammifères, oiseaux, reptiles...) présentes dans l'aire du projet.

"On peut avoir les plus beaux textes de droit, s'ils ne sont pas appliqués, ils ne servent strictement à rien. Aujourd'hui, l'argent public qui est dépensé n'est pas de notre fait, il est de celui qui a donné l'ordre du début des travaux, c'est-à-dire l'État", se défend Stéphane Giraud, directeur d'"Alsace Nature". 

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Échaudé, le maire de Châtenois (Bas-Rhin), Luc Adoneth, fait une proposition pour que cela ne se reproduise plus. Selon lui, il faut légiférer. "Une fois qu'on a démarré un chantier et qu'il a eu les autorisations de démarrer, c'est terminé, il n'y a plus aucune juridiction qui doit avoir le droit d'arrêter le chantier", affirme-t-il. 

L'État va faire appel. Ici, tout le monde espère qu'il sera entendu. Et surtout que 60 millions d'euros n'auront pas été dépensés pour un chantier fantôme.


V. F Reportage TF1 Jacques Rieg Boivin et Eric Schings

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