Un rond-point de Plouisy, dans les Côtes-d'Armor, n'a pas été nettoyé depuis que des agriculteurs y ont déversé des tonnes de déchets il y a cinq mois.
Les élus locaux veulent que l'État prenne en charge la facture.
Une équipe de TF1 s'est rendue sur place.

Ce rond-point jonché de déchets depuis cinq mois à Plouisy, dans les Côtes-d'Armor, a le don d'exaspérer les 16.000 automobilistes qui le contournent chaque jour. "C'est une déchetterie, ni plus ni moins. Et puis il y a de tout, ça pollue", lance une femme dans le reportage de TF1 ci-dessus. "En plus, c'est le rond-point de sortie où tous les touristes arrivent pour aller sur la côte...", souligne une autre conductrice.

En janvier et février derniers, ce rond-point était le centre névralgique de la révolte agricole dans les Côtes-d'Armor. Ferraille, bâches, pneus... Pour faire entendre leur colère, les agriculteurs mobilisés y ont déversé 1000 tonnes de détritus. Qui devrait nettoyer aujourd'hui ? "Les agriculteurs, répond tout de go une automobiliste interrogée par notre équipe. Ils n'en ont pas eu pour longtemps pour les mettre, pareil pour les retirer".  Mais pourquoi n'a-t-on toujours pas fait place nette jusqu'ici ?

Des travaux estimés à 300.000 euros

Il faut savoir que parmi les déchets du rond-point, il y a de l'amiante. "On ne pourra pas déblayer ça avec des engins. Il faudra les trier suivent un certain processus", explique André Coënt, vice-président du Conseil départemental des Côtes-d'Armor chargé des infrastructures. Seule une entreprise privée peut intervenir, et le prix des travaux est estimé à 300.000 euros. 

Le département a donc adressé une lettre au Premier ministre, Gabriel Attal, pour prendre en charge la facture. "L'État doit protéger le domaine public et le domaine privé, poursuit André Coënt. Donc nous demandons des dommages et intérêts à l'État, qui a laissé faire ces manifestations. On ne comprend pas pourquoi ce serait uniquement le département qui prendrait en charge ces 300.000 euros".

De leur côté, les agriculteurs ne sont pas fiers de cette situation. Mais pour eux, pas le choix, il faut toucher au portefeuille de l’État pour se faire entendre. "C'est vrai qu'on aurait pu nettoyer en partant, mais ça aurait un peu enlevé cette symbolique, comme si on avait eu ce qu'on voulait, souligne Gwenolé Corbel, président des Jeunes Agriculteurs du département. ( ) Les déchets sont toujours là, ça montre qu'on n'a toujours pas eu ce qu'on veut".  

Une entreprise devrait commencer le nettoyage mi-juin. Reste à savoir qui paiera la note.


La rédaction de TF1info | Reportage Julie Jeunemaitre, Chloé Ebrel, Médéric Pirckher

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