Dans certains quartiers de Marseille (Bouches-du-Rhône), des sangliers errent en pleine ville, à la recherche de nourriture.
Les habitants ont interpellé la mairie car les animaux, attirés par des ordures, peuvent devenir agressifs.
Giulia, 10 ans, attaquée il y a huit mois, témoigne auprès de TF1.

Obélix et les habitants de son village gaulois en auraient rêvé. Mais c’est un cauchemar pour les habitants de certains quartiers de Marseille, où des sangliers errent par dizaines aux pieds des immeubles et entre les voitures. Même le pied de la caméra de TF1, comme le montre le reportage du JT dans la vidéo en tête de cet article, ne les effraie pas. De jour comme de nuit, attirés par les ordures, les animaux cherchent à manger sans relâche. Au point de devenir agressifs. "On n’en peut plus, témoigne une riveraine excédée. Tant qu’il n’y a pas de grave accident, ils ne feront rien."

Giulia, 10 ans, habitant le IXe arrondissement de la cité phocéenne, s’est pourtant fait attaquer il y a huit mois, devant un club de tennis, par une compagnie de sangliers qui l’a trainée sur plusieurs mètres. "Ils sont tous venus vers moi et ils m’ont poussée, raconte-t-elle aujourd’hui. J’ai couru et il y a des marcassins qui m’ont suivie. Il y avait du sang partout, sur mon pantalon et sur les sièges" de la voiture où elle a trouvé refuge. Elle en garde un traumatisme et des cicatrices sur les jambes. "Maintenant, chaque fois que je les vois, j’ai vraiment très peur", confie sa mère.

Ce n’est pas un cas isolé. Une récente vidéo amateur, à voir aussi dans le reportage en tête de cet article, montre un sanglier semer la panique dans un arrondissement voisin, en chargeant aux abords d’un collège. Chaque année, dans les Bouches-du-Rhône, 8.500 sangliers sont chassés. C’est 40 fois plus qu’il y a 50 ans. "Il faut des prélèvements et des battues. Il faut trouver une solution ! Nous, on voudrait juste pouvoir sortir de chez nous tranquillement", tempête Jean-Noël Picon, membre d’un comité de quartier et résidant d’une copropriété autour de laquelle il a fait construire un mur, moyennant 12.000 euros.

De son côté, la mairie dénonce des comportements à risque. "Ici, sous ce réverbère, se réunissaient le soir des hommes qui déversaient des kilos de biodéchets en attendant que les sangliers se présentent. Pour eux, c’était une espèce d’attraction", pointe Christine Juste, adjointe (EELV) au maire de Marseille en charge de l’animal dans la ville et de la biodiversité terrestre. Un arrêté a donc été pris pour interdire aux habitants et touristes de nourrir les sangliers, tandis que le ramassage des ordures a été décalé en journée pour limiter leur présence en ville. Et résister à l'envahisseur.


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Emmanuelle Binet, Philippe Fontalba

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